Corinne Masiero : le corps du délit

Dix élus ont en vain porté plainte contre la comédienne après son intervention, nue, aux Césars.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Quoi qu’on pense de la cérémonie des Césars qui s’est déroulée le 12 mars (lire Politis n° 1645 du 17 mars), des messages politiques y ont été délivrés. La manière dont Corinne Masiero a exprimé le sien en faveur des intermittents du spectacle, en montrant son corps nu, a été la plus spectaculaire. On a beau savoir que l’ordre moral a repris des couleurs dans notre société, l’ire indignée déclenchée par le geste de la comédienne afflige, où se mêlent sexisme, puritanisme et mépris des luttes sociales.

Plus grave, dix élus de droite, hérauts de la calotte, ont porté plainte contre Corinne Masiero pour exhibition sexuelle dans un espace public. Parmi eux, Julien Aubert, député du Vaucluse, Valérie Boyer, sénatrice des Bouches-du-Rhône, Yves Hemedinger, député du Haut-Rhin, Sébastien Meurant, sénateur du Val-d’Oise, Jacques Myard, ex-député des Yvelines, Bérengère Poletti, députée des Ardennes, Guy Teissier, député des Bouches-du-Rhône.

« Cette démarche, écrit l’Observatoire de la liberté de création dans un communiqué, n’inquiète pas seulement par son indigence, ou parce que certains d’entre ces élus ont soutenu Éric Zemmour pour des propos incitant à la haine et condamnés, ou ont tenu des propos homophobes, ou encore ont menacé la presse. Ce que suggèrent ces élus, c’est que la nudité (des femmes) serait toujours considérée comme sexuelle, et devrait être interdite de toute manifestation politique ou artistique. Ces élus nous rappellent encore qu’en France, comme dans bien d’autres endroits dans le monde, ce sont la liberté de création, la liberté d’expression, le droit de polémiquer, de choquer, ou même simplement la faculté de faire réfléchir ou rêver que certains voudraient éteindre. »

Le 22 mars, le procureur de la République s’est évité le ridicule en classant sans suite cette plainte.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.