Fukushima : Les 10 ans qui ont plombé le nucléaire

L’industrie nucléaire mondiale, déjà stagnante en 2011, ne se relèvera peut-être pas de la pire catastrophe depuis Tchernobyl.

Patrick Piro  • 3 mars 2021
Partager :
Fukushima : Les 10 ans qui ont plombé le nucléaire
Des familles se recueillent devant les noms des victimes du tremblement de terre et du tsunami, le 11 mars 2020 à Sendai, dans la préfecture de Miyagi.
© Atsushi Taketazu/Yomiuri/The Yomiuri Shimbun/AFP et Koji Ito/Yomiuri/The Yomiuri Shimbun via/AFP

Le 11 mars 2011, un séisme engendre un tsunami d’une puissance exceptionnelle au large du Japon. Un mur d’eau de 15 mètres de haut ravage la côte nord-est. Ébranlée puis en partie noyée, la centrale nucléaire de Fukushima n’a plus d’électricité ni de système de refroidissement. Surchauffe incontrôlable. Les cœurs de trois réacteurs fondent. Un magma hyperradioactif traverse les parois. Les bâtiments explosent, des panaches massifs contaminent la mer, les sols et l’atmosphère sur des centaines de kilomètres. C’est la pire catastrophe nucléaire, avec Tchernobyl en 1986. Le Japon stoppe tous ses réacteurs. Dix ans après, seuls quatre ont repris du service. Et l’industrie nucléaire mondiale, déjà stagnante en 2011, ne se relèvera peut-être pas non plus de ce coup. La poursuite de sa hasardeuse aventure a imposé de renforcer drastiquement sa sûreté, au prix fort. Alors que les progrès des énergies renouvelables sont tels qu’il est raisonnable d’espérer une électricité « zéro CO2 » et bon marché en 2050 sans recours à l’atome. Même en France, pays le plus nucléarisé au monde. À cette date, le démantèlement de la centrale de Fukushima s’achèvera. Si rien ne l’entrave.

Écologie
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans
Reportage 25 juin 2026 abonné·es

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans

Dans l’archipel indonésien, des travailleurs extraient l’étain dans des conditions extrêmement dangereuses. Indispensable à la fabrication des smartphones et des ordinateurs, le précieux métal s’arrache au prix de vies humaines et d’un désastre écologique.
Par Pierre Terraz et Paul Boyer
« Une improvisation la plus totale » : à Tours, la jeunesse face à l’impréparation climatique
Reportage 22 juin 2026

« Une improvisation la plus totale » : à Tours, la jeunesse face à l’impréparation climatique

Face à la multiplication et l’allongement de ces pics de chaleur, le retard pris dans l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes est criant. Pour les plus jeunes, pourtant vulnérables, la vie est ralentie mais ne peut pas s’arrêter.
Par Martin Eteve
Magali Reghezza-Zitt : « L’inaction climatique revient à faire du tri entre les individus »
Entretien 22 juin 2026 abonné·es

Magali Reghezza-Zitt : « L’inaction climatique revient à faire du tri entre les individus »

La géographe montre dans son livre Bienvenue en 2055 qu’un monde neutre en carbone n’est pas une utopie et serait bénéfique à notre vie quotidienne. Toujours en s’appuyant sur des faits scientifiques et en pointant subtilement les défaillances des politiques publiques.
Par Vanina Delmas
« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »
Luttes environnementales 29 mai 2026

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »

La militante écologiste Lucie Pinson, fondatrice de l’ONG Reclaim Finance et Prix Goldman pour l’environnement en 2020, lutte auprès des milieux financiers pour les forcer à abandonner les investissements polluants. Pour elle, « il n’y a pas de fatalité, on décide aujourd’hui du monde de demain ».
Par Martin Eteve