La Centrafrique dans la spirale de la guerre civile

L’assaut donné mi-janvier par une coalition de rebelles, en conflit depuis huit ans avec le gouvernement, accable une fois de plus la population, confrontée à la violence et à une grave crise alimentaire.

Le quartier populaire de Boing, dans la banlieue de Bangui, est dans l’œil du cyclone depuis le 13 janvier. Ce jour-là, la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de six groupes armés rebelles créée par l’ancien président François Bozizé, passe à l’attaque, occupe plusieurs villes du pays et menace la capitale de la Centrafrique. Cette énième crise nationale a éclaté trois semaines avant l’élection présidentielle du 27 décembre 2020, après que la Cour constitutionnelle centrafricaine a décidé d’invalider la candidature de Bozizé, ancien militaire putschiste accusé par l’ONU d’exactions criminelles.

Comme Boing, une dizaine d’autres quartiers « pro-Bozizé » ont subi une forte répression gouvernementale, avec des raids armés, des enlèvements et des exécutions sommaires « sur la simple base de rumeurs », affirmele propriétaire d’un petit bar du quartier sous couvert d’anonymat. « Nous ne soutenons aucun groupe armé. Vous voyez des rebelles ici ? » demande-t-il. Mais, dans les zones étiquetées « pro-Bozizé », le fait d’avoir boycotté l’élection ou voté selon les consignes du candidat évincé a suffi à rendre les habitants suspects de collaboration avec les rebelles aux yeux des forces armées centrafricaines (Faca).

Un détachement s’est établi à Boing, prenant possession des ruelles qui serpentent entre les bâtisses grisâtres. Les soldats ont reçu l’ordre de faire le ménage. Les gens ont peur, surtout lorsque la nuit tombe et que sonne l’heure du couvre-feu. L’armée peut alors agir comme bon lui semble, s’introduire dans les habitations, éliminer ceux qui sont soupçonnés de collaborer avec la coalition rebelle qui veut faire tomber le président élu, Faustin-Archange Touadéra, rapporte, très préoccupé, Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. « Nous prenons connaissance d’enlèvements, d’exécutions de masse. Nous recherchons des preuves, mais les familles n’osent pas parler. Ces méthodes ont été enseignées à nos soldats par les Rwandais. » Les forces venues de Kigali, dans le cadre d’un accord bilatéral entre les deux États, sont réputées particulièrement brutales.

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