Le ventre d’Aube dorée toujours fécond

La condamnation historique des dirigeants du parti néonazi a fait changer la peur de camp mais n’a pas assaini la vie politique.

Quatre mois après l’épilogue du procès d’Aube dorée, où en est-on ? Condamné le 7 octobre à treize ans et huit mois de prison ferme, Christos Pappas, numéro deux du parti néonazi et son redoutable théoricien, est toujours en cavale. L’eurodéputé Ioannis Lagos, directement impliqué dans l’assassinat, en septembre 2013, du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas, siège toujours à Bruxelles, bien que condamné à treize ans de prison ferme. Les bureaux de cette organisation, reconnue comme « criminelle » par le tribunal pénal d’Athènes, sont encore ouverts, tous drapeaux dehors. Si le journal du parti a cessé de paraître, son site, lui, fonctionne très bien. Des militants ont manifesté, le 3 mars, dans le port du Pirée. Enfin, cerise sur le gâteau, Nikos Papavassiliou, cadre du parti, responsable de plusieurs pogroms et condamné à six ans de prison ferme, vient d’être libéré sous conditions.

« Elle est là, la limite de l’État, fulmine Costas Papadakis, avocat de la partie civile. La police n’a même pas lancé de mandat d’arrêt international contre Pappas, qui lui a filé entre les doigts alors qu’il était censé être sous surveillance. Et rien n’est fait, ni du côté du gouvernement grec ni du côté du Parlement européen, pour accélérer l’extradition de Lagos. » Papadakis, comme beaucoup, est certain que d’autres libérations sous conditions vont suivre. Un coup de poignard de plus pour Magda Fyssas, la mère de Pavlos Fyssas, devenue malgré elle le symbole de la résistance antifasciste. Mais elle se prépare à l’inévitable. « Je serai là à chaque audience du procès en appel qu’ils vont faire. À chaque demande de libération. Je ne leur donnerai aucun répit. Je serai devant eux à chaque instant », a-t-elle fait savoir dès les premières demandes de liberté conditionnelle des condamnés.

Pourtant, malgré ces limites, le verdict du procès rendu le 7 octobre 2020 est d’une portée capitale. En Grèce, mais pas seulement. Au bout de 417 audiences, 58 des 69 accusés ont été condamnés, dont 50 reconnus coupables d’appartenance à une organisation criminelle sous couvert de parti politique. Le fondateur du parti, le négationniste Nikos Michaloliakos, qui aimait se faire appeler « Führer », a écopé de treize ans et huit mois de prison ferme. Seize de ses fidèles lieutenants, qui roulaient des mécaniques dans le Parlement grec durant les sept années où ils y ont siégé, ont également été condamnés à de lourdes peines, mais deux d’entre eux ont obtenu du sursis. Sur les bancs des accusés, ils côtoyaient les petites frappes qui terrorisaient les migrants et poignardaient dans la nuit leurs opposants.

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