Fabrice Olivet : « Arrêtons de dire que la race n’existe pas ! »

Dans son nouveau livre, Fabrice Olivet dénonce la « petite fiction métissée » qui a cours en France et qui masque le maintien des anciennes dominations coloniales.

Olivier Doubre  • 28 avril 2021 abonné·es
Fabrice Olivet : « Arrêtons de dire que la race n’existe pas ! »
Un graff du Collectif Art dénonçant les violences policières aussi bien en France qu’aux États-Unis.
© FRANCOIS GUILLOT/AFP

Habitant une banlieue plutôt favorisée près de Paris, Fabrice Olivet, métis de 60 ans, de père inconnu (d’origine guinéenne), est dans son jardin, un livre à la main. Ses enfants sont à l’école ; sa femme, enseignante, aussi. Il est soudain interrompu dans sa lecture par des policiers qui viennent de pénétrer sur sa pelouse, à travers la haie qui sépare sa propriété de celle de ses voisins. Ils lui demandent sans ménagement ses papiers d’identité. Plus que surpris, il explique que ceux-ci sont évidemment à l’intérieur, puisqu’il est chez lui. « Nous recherchons des cambrioleurs qui opèrent dans le quartier, vos papiers, et vite ! »

Stupéfait, Fabrice Olivet se plie à ce contrôle d’identité… dans son propre jardin. Constatant qu’il habite bien là, les policiers repartent, sans la moindre excuse – et sans procéder aux mêmes

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Idées
Temps de lecture : 9 minutes