Najah Albukai : La Syrie à perpétuité

Arrivé en France en 2015, Najah Albukai témoigne par le dessin et la gravure de l’horreur vécue en prison à Damas entre 2012 et 2014.

Faites d’un entrelacs de traits noirs, elles semblent réchapper d’une obscurité plus épaisse que la nuit. Souvent amassées, ployant sous une charge qui n’est pas toujours visible, les figures de Najah Albukai peuplent le papier comme une image récurrente le fait d’un cauchemar. Impossible de trouver la distance juste pour les regarder : face à la douleur, à la déshumanisation dont elles témoignent, on se sent à la fois trop près et trop loin. On éprouve une sidération proche de celle que suscite Shoah de Claude Lanzmann. Proche, mais guère identique. Loin d’amoindrir, de relativiser l’horreur de la prison syrienne, le dessin et la gravure offrent une distance au réel qui en décuple la présence et la force. Exposées sous le titre Tous témoins dans une galerie parisienne, une quarantaine d’œuvres de l’artiste disent les violences qui secouent la Syrie depuis la répression d’une révolte pacifique en 2011 jusqu’à aujourd’hui.

Fondé en 1997 par l’association Pour que l’esprit vive, le lieu où les œuvres de Najah Albukai continuent d’être visibles malgré le confinement (grâce au référé-liberté déposé fin mars auprès du Conseil d’État par le Comité professionnel des galeries d’art) est en principe consacré à la photo-graphie. La présence des gravures et des dessins de Najah Albukai n’en est que plus forte.

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