Dossier : Migrants : l'État s'acharne sur les solidaires

À Calais, la crise sanitaire contre la solidarité

La situation sanitaire due à la pandémie de covid-19, avec les restrictions des libertés qu’elle induit, est utilisée par les autorités contre l’aide aux personnes en exil.

Créée en 2016, l’association la Cabane juridique œuvre à l’accès au droit pour les personnes exilées. À Calais, les membres sont en première ligne pour constater les obstacles que les institutions mettent en place à l’encontre de ces personnes mais aussi des bénévoles qui leur viennent en aide.

Alors qu’on parle d’un « effet Darmanin » dans la répression aux frontières, avez-vous vu des évolutions dans la situation à Calais ?

La Cabane juridique : Il y a toujours eu de la répression. Plus qu’un effet Darmanin, ce que l’on constate, c’est l’utilisation de la crise sanitaire pour mettre des bâtons dans les roues aux bénévoles qui viennent en aide aux exilés. Difficile de compter le nombre de verbalisations dont ont écopé les membres d’Utopia 56 ou de Human Rights Observer pour « non--respect » du confinement, puis du couvre-feu… Et, comme c’est le cas depuis longtemps, les bénévoles sont la cible de contrôles policiers. Certains se sont fait verbaliser car ils n’avaient pas de gilet jaune dans leur voiture !

Mais cette crise est aussi utilisée pour restreindre l’accès au droit des personnes exilées. Par exemple, pour des raisons sanitaires, il n’est plus possible de les accompagner quand elles ont des rendez-vous à la préfecture. Pourtant l’accompagnement est quelque chose d’important dans les activités des bénévoles.

En septembre 2020, un arrêté préfectoral a été pris pour interdire la distribution de repas dans le centre-ville, afin d’éviter les contaminations par le covid-19. Est-il toujours en application ?

On en est à la dixième version de cet arrêté depuis l’automne. Le 6 avril, la préfecture l’a prolongé jusqu’au 3 mai. Le tribunal administratif, saisi par les associations, avait reconnu la légalité de ce texte car il s’agit d’une mesure limitée dans le temps et dans l’espace. Difficile de parler d’une limitation dans le temps alors que le texte est toujours prolongé. De plus, à chaque version, de nouvelles rues apparaissent : petit à petit la limitation de l’espace grandit. On a même vu l’installation de dispositifs urbains, comme des grosses pierres, pour empêcher les camions de distribution d’accéder aux migrants. Il y a toujours eu la volonté de repousser les exilés hors du centre-ville, de les invisibiliser. Ils se sont donc installés en périphérie de la ville, mais ils en sont expulsés de manière récurrente.

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