Derrière les succès du RN, le vide

Malgré une forte présence dans plusieurs conseils régionaux, le parti d’extrême droite occupe très mal son rôle d’opposant.

La presse politique bégaye. Cinq ans et six mois après les dernières élections régionales, le récit de l’ascension « irrésistible » de l’extrême droite reprend son fil. Même articles, mêmes questionnements, seul le nom du parti change. Au-delà des paris sur une victoire du Rassemblement national, des questions se posent déjà sur son rôle au sein des hémicycles. Dans les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le retrait des listes de gauche avait offert au parti d’extrême droite un rôle confortable d’unique opposant dans ces deux conseils régionaux. Du côté du Grand Est, avec 36 % des voix au second tour, les nationalistes s’étaient nettement imposés comme les principaux adversaires de la majorité LR (48 %), loin devant une liste de gauche fracturée (15,5 %). Ont-ils profité de leur implantation pour convaincre ? Une mandature plus tard, rien ne l’indique. D’après un sondage Ipsos-Sopra Steria, réalisé entre le 3 et le 7 juin_,_ le score du RN ne progresse pas au premier tour en Paca et va jusqu’à diminuer dans le Grand Est et les Hauts-de-France.

« Après un mandat passé à ne rien faire, j’espère bien qu’ils le payent. » Au téléphone, le sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône Guy Benarroche n’affiche aucune surprise sur la stagnation annoncée du RN dans sa région (autour de 40 % au premier tour). « Localement, on observait même un recul à Marseille aux dernières municipales [au second tour, la liste de Stéphane Ravier a baissé de six points par rapport à 2014 – NDLR]. S’ils risquent de l’emporter, ce n’est pas parce qu’ils sont convaincants, mais parce que la droite ne l’est pas. Et puis il y a de la porosité entre l’électorat et les profils de Thierry Mariani (RN) et de Renaud Muselier (LR). Les deux viennent du même parti, la distinction est moins nette qu’entre Marion Maréchal et Christian Estrosi en 2015. »

Quelques décennies plus tôt, le maire de Nice lui-même n’avait pourtant pas manqué de brouiller les lignes. En 1998, il avait fomenté sans succès une alliance entre le FN et le RPR pour empêcher l’accession du socialiste Michel Vauzelle à la présidence de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Avant lui, Jean-Claude Gaudin n’avait pas rechigné à se faire élire avec des voix frontistes en 1986.

Partout où le RN s’implante, le décalage entre son programme et le périmètre local du pouvoir lui pose problème. Ses thèmes de prédilection – immigration et sécurité – restent essentiellement régaliens et n’épousent pas franchement les compétences d’un conseil régional.

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