Jeux de la nature et du hasard

Créée pour se jouer en extérieur, l’adaptation par Thomas Quillardet de L’Arbre, le Maire et la Médiathèque, d’Éric Rohmer, offre une réjouissante plongée dans une œuvre peu connue.

Pour Thomas Quillardet, comme pour le public d’Éric Rohmer en général, celui-ci est d’abord un fou d’amour. C’est un réalisateur qui décortique les relations entre les hommes et les femmes sous la forme de contes où la parole est reine, au point de l’emporter toujours sur les corps. Dans Où les cœurs s’éprennent (2017), le metteur en scène et directeur de la compagnie 8 Avril adaptait et rassemblait ainsi deux scénarios de films : Les Nuits de la pleine lune (1984) et Le Rayon vert (1986), dont les jeunes héroïnes sont montrées dans leur quotidien banal mais traversé par une quête d’amour et de liberté, par un idéal dont elles cherchent la forme sans la trouver.

Trop jeune pour avoir grandi dans les remous de la Nouvelle Vague, dont Rohmer fut l’une des figures majeures, Thomas Quillardet n’a pas hésité à alléger sa matière originale de nombreuses scènes et de bien des plages de dialogues. Il réitère avec bonheur l’opération avec L’Arbre, le Maire et la Médiathèque, qui donne à découvrir un Rohmer loin des jeux de l’amour, mais non pas du hasard. Sur la proposition du Théâtre de la Tempête, à Paris, il a adapté le scénario de ce film qui n’a pas obtenu la notoriété de Ma nuit chez Maud (1969) ou des Nuits de la pleine lune (1984).

Les dialogues, toujours aussi denses, de L’Arbre, le maire et la médiathèque portent non plus sur les choses du cœur mais, entre autres nombreux sujets, sur le rapport entre ville et campagne et sur l’écologie. Le paysage est, selon Quillardet, le sujet central du long métrage, situé à Saint-Juire, village de Vendée à la tête duquel Rohmer place un maire fictif : Julien Dechaumes, incarné dans la pièce par Guillaume Laloux, qui nous accueille tract à la main en nous invitant à utiliser des ballots de paille installés comme sièges de fortune. Du cinéma au théâtre, L’Arbre, le Maire et la Médiathèque ne perd rien de sa simplicité : celle-ci se transforme pour aller davantage vers la fable.

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