Surenchère répressive à la frontière des Hautes-Alpes

Doublement des effectifs, collaborations des militaires, rétentions illégales… Les pratiques policières à la frontière franco-italienne de Montgenèvre se durcissent. Au mépris des droits humains et de la sécurité des personnes exilées.

Pierre Isnard-Dupuy  • 2 juin 2021 abonné·es
Surenchère répressive à la frontière des Hautes-Alpes
Avant qu’elle ne soit partiellement retoquée par le Conseil constitutionnel, la loi « sécurité globale » proposait d’autoriser l’usage des drones pour surveiller les passages.
© Idhir Baha / Hans Lucas/AFP

L’effet Darmanin sur le contrôle des frontières pousse les personnes exilées à prendre encore plus de risques en haute montagne dans les Hautes-Alpes. Mais il ne dissuade pas les personnes solidaires qui se mobilisent pour leur porter assistance et les accueillir à la frontière franco-italienne depuis cinq années. Et ce malgré la pression policière et judiciaire qu’elles subissent, à l’image du procès en appel des « 7 de Briançon », qui s’est ouvert à Grenoble ce 27 mai (lire page 22). Dans la région de Briançon, des milliers de candidats au refuge transitent chaque année sur des sentiers en altitude pour éviter d’être arrêtés et refoulés en Italie. Un refoulement illégal, car les policiers ne prennent pas en considération les demandes d’asile ou la minorité des personnes.

Les mois qui ont suivi la nomination du sulfureux ministre de l’Intérieur, à l’été 2020, ont été synonymes d’une surenchère des moyens de contrôle de la frontière. Depuis mi-novembre, conformément à un engagement présidentiel sous prétexte de lutte antiterroriste, les effectifs permanents ont été doublés, portant à 60 le nombre de policiers et de gendarmes présents à Montgenèvre, station de sports d’hiver frontalière. Parallèlement, les militaires de l’opération Sentinelle assument désormais publiquement leur collaboration avec la police aux frontières (PAF). Et, le 16 janvier, les moyens héliportés du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), normalement dédiés au secours, ont servi à reconduire une famille exilée au poste de la PAF. Jusque-là, le commandement du secours en montagne refusait de

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Société
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