Des frayeurs tous les jours : Ryan, 24 ans, livreur à vélo à Marseille pendant ses études

« Livreur, c’est un métier qu’on ne peut pas faire toute sa vie. »

Sarah Dumeau  • 21 juillet 2021
Partager :
Des frayeurs tous les jours : Ryan, 24 ans, livreur à vélo à Marseille pendant ses études
© Adrien Chacon

Les chutes à vélo, quand on est livreur, c’est monnaie courante. La plus grosse que j’ai faite, c’était à cause d’une voiture sur l’avenue du Prado, à Marseille. Je l’ai prise en pleine face alors que je roulais vite : je suis tombé au niveau du col du fémur. Après ça, je n’ai pas pu travailler pendant deux jours parce que je devais me reposer pour récupérer. Je n’ai pas été rémunéré par Deliveroo… Heureusement, je n’ai pas gardé de séquelles, à part une légère cicatrice.

Quand on est livreur, les frayeurs avec les voitures, c’est quasiment tous les jours. Il faut être super attentif aux voitures qui te frôlent, aux nids de poule, aux bus, mais aussi aux piétons. J’ai eu deux petites chutes après que ma roue s’était bloquée dans les rails du tram. Ce sont des choses assez courantes, au début c’est même « normal » de tomber. Le matin, on a souvent des courbatures et des contractures au niveau des muscles. Mais je trouve que travailler comme livreur a quand même eu un impact positif sur ma condition physique. Ça m’a aidé à m’entretenir, et pédaler pour de l’argent est une motivation supplémentaire. J’ai amélioré ma résistance à l’effort et mon endurance. Mais j’étais déjà sportif, c’est pour ça que j’arrive à trouver des impacts positifs. Pour d’autres, c’était vraiment une corvée.

Aujourd’hui, je suis content de travailler dans un bureau : je suis contrôleur de gestion à Lyon. Livreur, c’est un métier qu’on ne peut pas faire toute sa vie.

Société Travail
Publié dans le dossier
Nos corps en bataille
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Affaire Master Poulet : pour Karim Bouamrane, opération gentrification
Analyse 29 avril 2026 abonné·es

Affaire Master Poulet : pour Karim Bouamrane, opération gentrification

Sous couvert de lutte contre la malbouffe, le maire de Saint-Ouen mène une bataille contre Master Poulet, une rôtisserie de la ville. Des débats polémiques qui mettent aussi en lumière la question de l’embourgeoisement.
Par Kamélia Ouaïssa
Comment l’État systématise la sécurité privée dans les CRA
Enquête 28 avril 2026 abonné·es

Comment l’État systématise la sécurité privée dans les CRA

Depuis mars, l’accueil des visiteurs du centre de rétention administrative (CRA) de Toulouse-Cornebarrieu est assuré par des agents de sécurité privée dans le cadre d’un dispositif national d’externalisation. Une évolution qui interroge de nombreux acteurs tant sur le cadre légal que sur la carcéralisation des CRA.
Par Maxime Sirvins
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet
En une année, 3 mosquées s’ajoutent aux 33 visées par un incendie depuis dix ans
Enquête 24 avril 2026

En une année, 3 mosquées s’ajoutent aux 33 visées par un incendie depuis dix ans

En mars 2025, Politis avait recensé au moins 33 mosquées ayant été la cible d’une tentative d’incendie. Depuis, au moins 3 autres ont été visées. Sans que les autorités n’agissent pour lutter contre l’islamophobie.
Par Hugo Boursier et Pauline Migevant