Justice : Bagui Traoré, acquitté !

Le frère d'Adama et Assa Traoré a été acquitté des accusations de tentatives de meurtre sur des gendarmes.

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Après 4 ans et 5 mois derrière les barreaux, Bagui Traoré a été acquitté le 9 juillet des accusations de tentatives de meurtre sur des gendarmes pendant les émeutes déclenchées par la mort de son frère Adama à la gendarmerie de Persan (95) en 2016. Le 2 mars 2017, Bagui Traoré, 29 ans, était placé en détention provisoire, accusé d’avoir tiré sur les forces de l’ordre. Le parquet général a admis que ces accusations ne reposent sur aucun élément tangible : « Quand on n’a pas de preuves, on en tire les conséquences », a admis le procureur en réclamant l’acquittement. Un aveu qui fait éclater l’aspect politique des accusations portées contre le frère d’Adama Traoré, dont la mort entre les mains des gendarmes n’a pas encore fait l’objet d’un procès, ni même de mises en examen.

« La justice ne peut pas se passer de preuves, or c’est ce qu’il s’est passé dans le cas de Bagui Traoré, a justifié le président de la cour Marc Trévidic. Personne, ni dans la procédure ni à l’audience, n’a indiqué l’avoir vu tirer sur des forces de l’ordre ou même s’être tenu à proximité d’un tireur. De même, personne ne l’a entendu donner des consignes ou avoir fourni une arme à feu. L’enquête en était restée aux simples hypothèses et un débat sur de simples hypothèses a certainement sa place dans un bureau d’enquêteurs mais pas devant une cour d’assises. » Deux hommes ont en revanche écopé de douze et huit ans de prison.

Bagui Traoré est donc libre après plus de quatre années derrière les barreaux. Un emprisonnement qui mêle de la détention provisoire et des peines de prison suite à deux condamnations sans rapport avec les émeutes de Beaumont – l’une pour extorsions et escroqueries sur personnes vulnérables. Un mécanisme que dénonce Florian Lastelle, l’un de ses avocats, à Libération : « Ces peines, qui auraient pu être aménagées, ont été exécutées parce que mon client était sous mandat de dépôt. » La détention provisoire a eu pour effet de le maintenir derrière les barreaux. Il n’était en détention provisoire « pure » que depuis mars 2021.


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