Dossier : Après Daech, dans le nord-est syrien : L'invention d'un vivre-ensemble

« La greffe de l’administration autonome a pris »

Dominé par le mouvement kurde, le Nord-Est syrien pluriethnique apparaît comme une entité viable, constate Patrick Haenni.

Chercheur à l’Institut universitaire européen, à Florence, Patrick Haenni suit l’ensemble des oppositions syriennes sur le terrain depuis 2012, peu après le début de l’insurrection des forces démocratiques contre le régime du dictateur Bachar Al-Assad. Il a notamment publié en 2020 Survivre à la disparition de l’État islamique. La stratégie de résilience du mouvement kurde syrien.

Vous constatez que la « greffe » de l’autoadministration a pris au Nord-Est syrien (NES). Comment a-t-elle réussi à se consolider ?

Patrick Haenni : Premier point, l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (Aanes) a réussi à assurer un bon niveau de sécurité avec un degré de coercition relativement modéré selon les normes syriennes. C’est un facteur fondamental de légitimation dans un pays déchiré par dix ans de guerre. Le quadrillage du territoire par des check-points est efficace, la fréquence des attentats diminue – à l’exception de l’est de Deir Ez-Zor. Et si les mauvais traitements et les arrestations arbitraires existent, personne ne disparaît dans les prisons du NES, ça n’est pas un trou noir.

Deuxième point : l’absence d’alternative. L’Aanes est vue comme un moindre mal en comparaison de la situation dans les territoires sous contrôle du régime ou des milices supplétives de la Turquie au nord-ouest.

Le troisième élément, c’est le ralliement des classes moyennes encore présentes. Elles étaient auparavant réticentes à s’engager dans une administration à l’avenir incertain, préférant les salaires des ONG et critiquant le contrôle de cette administration par le mouvement kurde.

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