Dossier : Nos corps en bataille

Mutilée pour l’exemple : Mélanie N’goye-Gaham, 41 ans, membre des gilets jaunes

« Des nuits sans dormir, une peur profonde de la police, des pertes de concentration. »

Je suis des quartiers populaires d’Amiens. Avec les gilets jaunes, c’était la première fois que je participais à des manifs à Paris. C’était le 20 avril 2019, on était partis de Bercy, il faisait chaud. Le défilé arrive quai de Jemmapes, la tension monte. Je me couvre le nez en prévision des gaz lacrymogènes. Et soudain, le K.-O. Je n’ai compris que plus tard, parce qu’une vidéo a tourné sur Instagram : un commandant de CRS m’a asséné un coup de matraque sur la nuque. Le coup du lapin : j’ai deux noyaux cervicaux morts, je ne peux plus tourner le cou aujourd’hui.

J’ai repris mon poste de travailleuse sociale, et même les manifs des gilets jaunes. Mais j’étais vraiment traumatisée.

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