« Transformer le Chili en un pays plurinational »

Une femme mapuche, Elisa Loncón, a été élue présidente de l’assemblée qui doit donner une nouvelle Constitution au Chili.

Munie du drapeau coloré de son peuple et habillée en costume traditionnel, Elisa Loncón est montée sur l’estrade et a prononcé son premier discours en commençant par saluer en langue mapudungun tous les peuples chiliens : du désert du nord à la Patagonie, et de la cordillère des Andes à l’océan. Ce 4 juillet, les 155 membres de l’Assemblée constituante, élus au suffrage universel direct les 15 et 16 mai, ont choisi, lors de la séance d’inauguration de cette instance, d’en confier la présidence à une femme autochtone de l’ethnie mapuche, une des dix que compte le Chili.

« L’histoire est nôtre et ce sont les peuples qui la font. » Ce sont les derniers mots prononcés quelques heures avant sa mort par Salvador Allende, premier président socialiste élu en Amérique du Sud et décédé lors du coup d’État du 11 septembre 1973 sous les bombardements du palais présidentiel de la Moneda. Il aura fallu dix-sept années de dictature (1973-1990) et trente années d’injustices et d’inégalités dans un pays devenu le laboratoire du néolibéralisme, pour que les peuples du Chili reprennent enfin le pouvoir sur leur destinée. Après une révolution sociale violemment réprimée en octobre 2019, les Chiliens obtenaient, un an plus tard, l’organisation du processus qui doit conduire à l’écriture d’une nouvelle constitution, destinée à mettre fin à celle de 1980 adoptée sous la dictature d’Augusto Pinochet.

Elisa Loncón était accompagnée de la constituante mapuche Francisca Linconao, machi (1) qui tenait dans ses mains des branches de l’arbre sacré des peuples originaires du Sud, le canelo. Ces femmes qui ont ouvert les travaux d’écriture de la nouvelle « Carta Magna » ont obtenu deux des 17 sièges réservés aux peuples autochtones sur les 155 que compte l’Assemblée.

« Notre travail est de transformer le Chili en un pays plurinational, interculturel qui ne bafoue plus les droits des femmes et qui protège la Terre-mère et les eaux », a exprimé avec force et détermination Elisa Loncón. Elle a déjà annoncé vouloir mettre en place une présidence tournante dans cette Assemblée qui a entre neuf et douze mois pour écrire le nouveau texte fondateur.

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