2022, l’heure de l’écologie ?

Le rassemblement d’EELV à Poitiers a lancé la primaire destinée à choisir la candidature écologiste pour la présidentielle, que le mouvement estime avoir une réelle chance d’emporter.

La file d’attente refoule jusqu’à l’entrée du parc de Blossac. Les Journées d’été des écologistes, tenues à Poitiers du 19 au 21 août, n’ont jamais été aussi prisées. Un public plus jeune que de coutume, avec beaucoup de nouvelles têtes. Plusieurs des maires écologistes qui ont enlevé des grandes villes en 2020 ont fait le déplacement, dont la plus incontournable, Léonore Moncond’huy, qui dirige la municipalité locale. « La bonne nouvelle, c’est que nous sommes 3 000 ! », clame Marine Tondelier, du bureau exécutif d’Europe écologie-Les Verts (EELV). La rencontre, qui a certes soigné le détail écolo, cohérence oblige (alimentation bio, déchets minimum, toilettes sèches, traduction en langue des signes, etc.), s’est cependant affichée au-delà de ses thématiques classiques. Moins d’énergies renouvelables, de vélo ou de batailles antipesticides, et plus d’actualité sociale et politique. L’écoféminisme s’exprime en force, le mouvement débat de la place centrale de l’écologie dans l’idée de république (1), des nouvelles stigmatisations qui le visent (islamogauchisme, séparatisme, racialisme, décolonialisme, féminisme anti-hommes, etc.). « Honteux, pathétique… », Emmanuel Macron est agoni pour son discours suspicieux sur la prévisible immigration afghane après la prise expresse de Kaboul par les talibans.

Mais un sujet interne domine : la primaire, qui doit départager par un vote les candidates et candidats qui briguent le soutien du Pôle écologiste (2) à la présidentielle d’avril prochain. Un créneau d’une heure leur a été attribué pour s’exprimer devant le public, selon un ordre établi par tirage au sort : Éric Piolle, Yannick Jadot, Sandrine Rousseau, Jean-Marc Governatori et Delphine Batho. Le pacte de non-agression est respecté, pas de petites phrases assassines lâchées devant les caméras. Au contraire : les postulant·es font assaut réciproque de civilité et de loyauté anticipée envers celle ou celui qui arrivera en tête (lire encadré p. 14), mettant en avant « la responsabilité », « le devoir », « la nécessité » d’une victoire écologiste en 2022. « La période est absolument cruciale, assène Julien Bayou, secrétaire national d’EELV. Nous vivons une crise climatique oppressante, et pour une vraie politique écologiste, il n’y a qu’une voie possible : une présidence écologiste. » À Poitiers, l’actualité renforce comme jamais le sentiment d’une impérieuse nécessité « de l’emporter ». Les interventions évoquent abondamment les drames d’un été catastrophique, qui a multiplié les records de température sur la planète, les inondations historiques, les méga-incendies. Et le premier volume du rapport 2021 du Giec qui affirme que le dérèglement climatique s’intensifie, et bien plus vite que ne le redoutaient les prévisions. « Les sondages montrent que la préoccupation des Français pour l’écologie n’a jamais été aussi vive, toutes catégories de population confondues, souligne Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de l’institut Harris Interactive. Et ils perçoivent actuellement EELV comme l’une des forces politiques les plus dynamiques. »

Le moment politique de l’écologie serait-il advenu ?

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