Édition : Bolloré en surpoids

L’achat du groupe Lagardère par Vivendi aurait des conséquences néfastes sur les librairies.

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De l’annonce par le groupe Vivendi de son intention de prendre le contrôle du groupe Lagardère, qui aurait pour effet l’absorption de Hachette (Grasset, Fayard, Stock, Le Livre de poche, Larousse…) par Editis (Plon, Robert Laffont, Julliard, La Découverte, Le Robert, Pocket…), seuls les libraires se sont publiquement émus : « Le poids cumulé des deux groupes leaders du marché du livre représente plus de la moitié du chiffre d’affaires des librairies et de 40 à 65 % selon les secteurs éditoriaux. Ces chiffres donnent la mesure du risque considérable de dépendance économique et commerciale en cas d’aggravation de la concentration » (communiqué du Syndicat de la librairie française du 21 septembre).

En effet, comment négocier des marges avec un groupe en situation de quasi-monopole ? Les librairies indépendantes en souffriraient, et donc, par contrecoup, la diversité éditoriale. C’est en réalité toute la chaîne du livre qui serait atteinte.

Contrairement à ce qui s’était déroulé en 2003, où Hachette voulait se porter acquéreur de VUP (anciennement Editis), et où les dirigeants multipliaient les déclarations publiques, ici, tout se fait dans le secret. Ce qui peut expliquer l’atonie des réactions, d’autant que le ministère de la Culture a perdu en vingt ans beaucoup de sa capacité d’action. Pour ne pas contrevenir au droit de la concurrence, l’acquisition sera vraisemblablement conditionnée à la vente de certains des secteurs ou maisons d’édition détenus par Bolloré. Lesquels ? Dans quelles conditions ? L’opération n’a qu’un but capitalistique, dont on peut même s’interroger sur la rentabilité financière. Comme le dit Françoise Gèze, ex-PDG des éditions La Découverte (appartenant à Editis), dans les colonnes d’AOC du 25 septembre : « Il s’agit sans doute d’être toujours plus gros, mais pour quoi faire ? »


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