Cour des comptes politiques

Un peu à la manière d’un think tank, l'institution a décidé de publier, d’ici à début décembre, une douzaine de notes « à visée pédagogique » sur les grands thèmes qui agitent le débat public.

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La Cour des comptes s’invite dans la campagne présidentielle. Et de la pire des manières puisqu’elle a décidé de publier, d’ici à début décembre, une douzaine de notes « à visée pédagogique » sur les grands thèmes qui agitent le débat public avec l’objectif affiché de fournir « des diagnostics et des pistes » aux citoyens, un peu à la manière d’un think tank, et dans le but de lutter « contre la désinformation » et les « annonces caricaturales ». Parmi les sujets annoncés : l’efficacité de la police, les choix de production énergétique, la politique du logement, l’insertion des jeunes dans l’emploi, l’enseignement scolaire, la santé, etc.

« Nous devons dire la vérité aux Français », explique présomptueusement son premier président, Pierre Moscovici, dans un entretien au Parisien (21 octobre), le quotidien populaire de Bernard Arnault, pour justifier cette initiative de l’institution de la rue Cambon, qui sort de son rôle défini à l’article 47.2 de la Constitution. À le lire, « le choix des citoyens a besoin d’être étayé par des éléments objectifs, chiffrés, établis par un tiers de confiance ». Cette prétention à la neutralité serait risible venant d’un ancien ministre socialiste (tendance rose pâle) et commissaire européen que l’on sait depuis longtemps acquis aux préceptes de l’ordo-libéralisme européiste, si ces notes de la Cour des comptes ne visaient pas à limiter drastiquement le champ des possibles et à remettre les citoyens dans le droit chemin du « cercle de la raison » des seigneurs de la finance.

À la manière d’un Jean-Claude Juncker déclarant, après la victoire de Syriza en Grèce, qu’« il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », Moscovici tance dans l’entretien sus-cité ceux qui « imaginent » possible un effacement de la dette covid, une « illusion sympathique » susceptible « de déboucher sur un grand mensonge » : ils « méconnaissent les traités et le fonctionnement des institutions » européennes. La résorption du déficit est aussi ce qui guide la note de la Cour sur le système des retraites, une des quatre déjà publiées : si elle reconnaît que les paramètres pour y parvenir sont nombreux, elle assène « in fine, [que] la maîtrise des dépenses de retraite passe par un recul des âges de départ à la retraite ou une baisse du niveau relatif des pensions ». Dans sa note sur les universités, la Cour défend un approfondissement de l’autonomie des établissements et la création de « collèges universitaires » qui accueilleraient l’ensemble des formations de niveau bac + 2 ou 3. Une officine électorale ne dirait pas autre chose.


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