Dossier : La France insoumise vise « l'union populaire »

La France insoumise vise « l’union populaire »

La campagne de Jean-Luc Mélenchon espère se relancer et se projeter dans « les quartiers populaires, les campagnes et les villes ».

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La campagne de Jean-Luc Mélenchon franchit ce week-end une nouvelle étape. L’actualisation de son programme, L’Avenir en commun, est désormais bouclée. Le résultat sera présenté lors d’une « convention nationale » à Reims où les organisateurs attendent un millier de personnes. Pour moitié tirées au sort parmi des 256 000 soutiens enregistrés début octobre, pour 30 % parmi les animateurs de groupes d’action qui organisent ces soutiens, les 20 % restant étant constitué de personnalités engagées au sein de La France insoumise (LFI) et de son candidat.

Si la date retenue pour cet « événement », clôturé dimanche par un grand meeting public, vise à réinstaller la candidature de Mélenchon après une séquence politique dominée à gauche par la primaire écolo et la désignation, cette semaine, de la candidate du Parti socialiste, les organisateurs attendent de cette réunion qu’elle « projette la campagne dans les quartiers populaires, les campagnes et les villes », et lance la diffusion de leur programme. 

L’architecture et les grandes lignes de celui de 2017 sont conservées, mais la nouvelle version de L’Avenir en commun, prochainement éditée en livre, doit intégrer des apports des parlementaires de LFI ainsi que les suggestions transmises au moyen de quelque 5 000 contributions, des auditions d’universitaires, de responsables associatifs et syndicaux, ou les réponses aux questionnaires inclus dans quatre livrets diffusés au premier semestre.

Des ateliers argumentatifs sont prévus samedi pour permettre aux participants de s’approprier les principales idées de cette version actualisée sur les urgences sociale, démocratique, écologique et sanitaire en vue de les populariser. D’autres, plus pratiques, proposent une initiation à l’organisation de « caravanes » et de porte-à-porte, ou aux outils numériques du militantisme.

« On prend les choses étape par étape », explique Manuel Bompard, le directeur de campagne de Mélenchon. « On est très attaché à déployer sur le terrain l’ensemble de la force qui s’est réuni autour de sa candidature », explique-t-il en évoquant l’étape que la convention veut ouvrir. « On est convaincu qu’il n’y aura pas de salut à cette élection présidentielle sans une mobilisation large des catégories populaires et des jeunes. »

Ces derniers, les plus tentés par l’abstention, représentent un enjeu. Cinq millions de 18-24 ans voteront pour la première fois dans une présidentielle en 2022. En 2017, cette classe d’âge avait placé Mélenchon en tête à 29 %, devant Macron (23 %) et Le Pen (21 %) selon une étude Ifop. Alors, depuis la rentrée, Jean-Luc Mélenchon répond favorablement aux invitations des associations étudiantes. Le 29 septembre, il planchait devant les étudiants de l’ESCP Business School ; le 6 octobre, il répondait aux questions de ceux de Sciences Po-Paris. Cette semaine, il devait discuter avec les élèves de l’Institut d’études politiques de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Et une tournée des universités est envisagée.

Les classes populaires, pas moins tentées par l’abstention, restent un enjeu crucial pour LFI et son candidat, persuadés que l’accès au second tour dépend de leur mobilisation. Encore faut-il les en convaincre. C’est l’objectif visé par la relance des porte-à-porte et des « caravanes de l’union populaire ». Une union qui n’est pour l’instant qu’un slogan sur les affiches du candidat Mélenchon. Et qui reste à construire. En six mois.


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