Dossier : Empires médiatiques : Main basse sur l'opinion

Pour une presse indépendante : Lectrices, lecteurs, au travail !

Pour Valentin Gaillard, ancien président de Pour Politis et lecteur depuis plus de vingt ans, le lectorat a un rôle à jouer pour l’indépendance de la presse.

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Pour n’importe quel titre de presse qui prétend à l’« indépendance » – dans la conception du mot qui est celle défendue par Politis –, un des moyens de celle-ci sera de rechercher, in fine, une dépendance à son seul lectorat et à rien d’autre, ou presque. Dépendre de la vente du journal chaque semaine, et non de la publicité qui pourrait se glisser dans ses pages.

Le premier travail des lectrices et des lecteurs est d’être pleinement conscient de cette dépendance étroite, de ce qu’elle signifie en termes de fragilité et d’exigence pour les deux parties de cette sorte de contrat économique et moral. En échange de sa fidélité à l’achat ou à l’abonnement, une lectrice ou un lecteur pourra demander que la presse fasse son travail à elle : du journalisme rigoureux et d’intérêt public.

Mais la besogne ne peut plus s’arrêter au fait d’être un simple acheteur, aussi fidèle soit-il. Les appétits de nos milliardaires pour les outils d’influence que peuvent être les médias sont tels que nous devons aussi être aux côtés des journalistes dans la conquête, lorsqu’elle est possible, de la « propriété des moyens de production éditoriale ». En 2006, Politis y est parvenu en devenant (grâce à l’acquisition par l’association Pour Politis de la majorité des parts sociales de la société éditrice du journal) une sorte de coopérative dans l’esprit et les faits, si ce n’est dans la forme juridique.

La campagne actuelle d’appel à dons pour sauver Politis, puisqu’elle est nécessaire, montre aussi que la fidélité du lectorat et la maîtrise du capital de la société éditoriale peuvent malheureusement ne pas suffire, en France ou ailleurs. Le juriste Benoît Huet rappelle notamment (pages 40-41 de ce dossier) que le système d’aides publiques à la presse doit urgemment être réformé.

Militer pour une telle réforme, et pour d’autres mesures permettant de donner plus de pouvoir aux salarié·es et aux journalistes dans les entreprises de presse, voilà aussi notre travail. En échange de quoi, nous pouvons espérer continuer à jouir d’une presse libre.


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