À Lviv, un immense élan humanitaire

Dans la grande ville près de la frontière polonaise, l’entraide internationale et locale s’organise pour subvenir aux besoins des déplacés arrivés de tout le pays, un mois après le début du conflit.

À la gare de Lviv, en ce lundi matin, ce n’est pas la foule des premières semaines. Près du parvis, une petite centaine de personnes originaire de Kharkiv, Marioupol ou Kyiv se presse autour des tentes de distribution alimentaires.

Il y a encore quelques semaines, Bogdana était l’une d’entre eux. Originaire de Kyiv, elle a fui les bombardements au premier jour de la guerre pour rejoindre Lviv. Cette éditrice et critique littéraire s’est immédiatement engagée au titre de volontaire auprès de la Croix-Rouge pour venir en aide aux milliers de déplacés affluant chaque jour depuis l’est de l’Ukraine vers l’ouest du pays. « Les premières semaines, c’était vraiment la panique ici. Il a fallu s’organiser pour la nourriture, trouver des abris dans l’urgence et mettre en place des bus pour les réfugiés qui voulaient traverser la frontière. Rien n’était prévu. Il y a désormais moins d’arrivées et on est mieux organisés. On peut aider les gens au cas par cas », explique la jeune femme avant de reprendre la distribution de sandwiches, consciente que ce calme pourrait ne pas durer.

Si le flot des arrivées à la gare s’est calmé, c’est désormais toute la ville qui est saturée. D’après les chiffres des autorités locales, 300 000 déplacés séjourneraient dans cette ville de 700 000 habitants. Près de 500 musées, églises, universités, bibliothèques, jusqu’aux salles de fitness, se sont transformés spontanément en centres d’hébergement d’urgence pour les déplacés fuyant les zones proches des combats. « Le logement est devenu une question centrale. Il n’y a tout simplement plus de place. Si une seconde vague de déplacés arrive à Lviv, il n’y aura pas de moyens pour les accueillir », explique Craig Tucker, coordinateur de l’ONG hongroise Hungarian Interchurch Aid (HIA), une organisation présente en Ukraine depuis trente ans et l’une des premières à s’être délocalisée à Lviv. Lui-même, comme de nombreux humanitaires, a dû dormir dans son bureau pendant une semaine avant de trouver un hôtel. Dans la perspective d’une seconde vague de déplacés, les autorités locales discutent avec les ONG et les Nations unies pour réquisitionner des immeubles et les transformer en abris_. « La seule autre option, ce seraient les camps. C’est vraiment une solution que tout le monde veut éviter »,_ ajoute le coordinateur de l’ONG, qui approvisionne différents abris en aide alimentaire et médicale.

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