Au Chili, les grandes ambitions de Gabriel Boric

Trois mois après sa victoire, l’ancien leader étudiant progressiste prend ses fonctions présidentielles le 11 mars.

Vendredi 11 mars, le tournant politique amorcé par le Chili il y a plus de deux ans se concrétise. La cérémonie officielle de passage de pouvoir du président sortant conservateur, Sebastian Piñera, au nouveau président, Gabriel Boric, marque une étape clé dans la nouvelle ère politique que connaissent les Chiliens. Depuis qu’ils se sont révoltés en octobre 2019, ils ont obtenu l’écriture d’une nouvelle Constitution pour mettre fin à celle imposée dans le sang en 1980 par le dictateur Augusto Pinochet. Depuis l’explosion sociale, les Chiliens ont voté à quatre reprises et ont renouvelé une bonne partie du paysage politique. De nouveaux visages, souvent issus de la société civile, ont été installés dans les mairies, les gouvernements régionaux, les chambres parlementaires, la Convention constitutionnelle, et la présidence de la République.

Après dix-sept années de dictature et trente années de néolibéralisme, le Chili s’est réveillé et s’offre la possibilité de construire un modèle plus digne, plus équitable, plus respectueux de l’environnement et de ses peuples originaires. Gabriel Boric a promis des changements profonds, en écho aux exigences de la rue apparues en 2019 : « Nous devons avancer avec responsabilité dans les changements structurels sans laisser personne de côté ; croître économiquement ; convertir ce qui pour beaucoup constitue des biens de consommation en biens sociaux, peu importe la taille du portefeuille de chacun », avait-il déclaré après sa victoire.

Le jeune président de 35 ans va prendre les commandes du Chili, porté par un élan d’espoir mais dans un contexte mouvant et complexe. Entre révolte sociale et pandémie, l’économie réputée stable du Chili ne s’est jamais aussi mal portée. L’inflation ne cesse d’augmenter, le coût de la vie se rapproche toujours un peu plus de celui de l’Europe, alors que la pauvreté et la précarité ne font que s’accentuer.

Le défi : instaurer un État-providence garantissant les droits sociaux fondamentaux.

La migration irrégulière massive de Vénézuéliens, d’Haïtiens ou de Colombiens, qui a conduit Sebastian Piñera à militariser les kilomètres de frontière sur les hauts plateaux des Andes au nord, va obliger Gabriel Boric à gérer un épineux sujet dès les premières semaines de son mandat. Au sud, le Wall Mapu – territoire des Mapuche –, qui vit au rythme des incendies volontaires contre la grande industrie du bois, a également été militarisé et sera l’un des dossiers figurant sur le haut de la pile.

Gabriel Boric devra aussi gouverner sans majorité au Congrès.

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