9 mai : Poutine entre les lignes

Le discours du maître du Kremlin sur la place Rouge a fait mentir toutes les hypothèses, mais n'a pas rassuré pour autant.

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Les commentaires spéculaient sur le message que délivrerait une date mise en pâture depuis des jours : le 9 mai, très important jour de la commémoration, en Russie, de la victoire sur le nazisme (27 millions de Soviétiques morts pendant la Seconde guerre mondiale). Vladimir Poutine, dans son discours, allait… 

Eh bien, dégonflant diverses hypothèses, il n’a pas annoncé : de déclaration (officielle) de guerre à l’Ukraine ; de nouvelle mobilisation militaire ; de menace nucléaire ; de « victoire » (ponctuelle), ni à Kherson ni à Marioupol (encore résistante). L’historien militaire Cédric Mas met en garde sur un tropisme occidentalo-centré : comme si Poutine ne s’occupait que de s’adresser, en rodomontades, aux capitales européennes. 

Sur le terrain, l’armée russe rencontre de réelles difficultés et son chef d’état-major, le redoutable Valeri Guerassimov, aurait été blessé dans le Donbass (absent remarqué, à la parade du 9 mai). Si Poutine, à la tribune, s’est contenté de poursuivre sa réécriture personnelle de l’histoire de la Russie, en situant son actualité ukrainienne dans la lignée de l’épopée soviétique antinazie, c’est d’abord pour caresser son opinion, en héroïsant les nombreux soldats russes qui meurent « pour la bonne cause », et se garder d’apparaître lourdement belliqueux aux yeux d’importants pays qui, comme la Chine, commencent à s’interroger sur l’utilité de soutenir un type qui menacerait la planète du feu nucléaire et qui assumerait ouvertement sa très sale guerre, alors que les atrocités attribuées à ses soldats se multiplient.


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