En Guyane : défendre les droits amérindiens, de la rue aux urnes

Cofondateur et porte-parole du mouvement Jeunesse autochtone, Christophe Yanuwana Pierre se présente aux législatives et espère porter les revendications des peuples de la région utlramarine.

Mélodie Taberlet  • 8 juin 2022 abonné·es
En Guyane : défendre les droits amérindiens, de la rue aux urnes
Christophe Yanuwana Pierre et Clarisse Taulewali lors du débat public sur le projet Motagne d’or, le 2 décembre 2019.
© Makan973

Christophe Yanuwana Pierre pour ses interlocuteurs, Christophe Pierre pour l’état civil. À 29 ans, le jeune homme souhaite modifier des papiers d’identité lacunaires et y ajouter son nom kalinago, en hommage à l’ethnie amérindienne à laquelle il appartient, et que lui a attribué sa mère à la naissance. Mais, à l’époque, la mairie refusait d’enregistrer les noms amérindiens. Une considération administrative à l’image du traitement réservé aux Amérindiens d’après lui : discriminant et invisibilisant. Traitement qu’il tente de combattre depuis plusieurs années, que ce soit dans la rue, dans les salles de cinéma ou dans les urnes, puisqu’il se présente aux législatives les 12 et 19 juin dans la deuxième circonscription guyanaise.

Originaire d’un petit village proche de Saint-Laurent et de la rivière Maroni, en Guyane française, le jeune homme revendique son identité amérindienne. En attestent les colliers traditionnels qui ornent son cou. Actuellement salarié au sein d’un institut médico-social, Christophe Yanuwana Pierre ne cesse d’ajouter des lignes à son CV. En mission à Paris pour le Grand Conseil coutumier des populations amérindiennes et bushinengue, il est l’un des signataires de l’accord Guyane en 2017, dans lequel, après cinq semaines de mouvement social, l’État s’engageait sur un « plan d’urgence » de 1,086 milliard d’euros. Il a également été invité à parler des droits autochtones devant l’ONU en 2019.

Sa volonté d’afficher ses origines n’est

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Publié dans le dossier
Législatives : Le vote de l'espoir
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Municipales : le grand flou à gauche
Analyse 24 mars 2026 abonné·es

Municipales : le grand flou à gauche

Socialistes, Écologistes, insoumis et communistes ont souvent perdu, parfois gagné des villes. Et un an avant la présidentielle, la guerre des gauches reprend de plus belle.
Par Lucas Sarafian
À Bobigny, « on vote aussi par logique de survie sociale »
Récit 24 mars 2026 abonné·es

À Bobigny, « on vote aussi par logique de survie sociale »

Dans la ville de Seine-Saint-Denis, le maire sortant de gauche, Abdel Sadi, conserve son fauteuil face à une alliance centriste. Une victoire serrée et marquée par de fortes polarisations où la défiance des habitant·es et les divisions locales restent des enjeux majeurs pour l’avenir de la ville.
Par Kamélia Ouaïssa
Dans le bassin minier, les dernières heures communistes de Billy-Montigny
Reportage 24 mars 2026 abonné·es

Dans le bassin minier, les dernières heures communistes de Billy-Montigny

Dans le bassin minier, cette commune de 8 000 habitants historiquement communiste a été remportée par le Rassemblement national. Dimanche, l’annonce des résultats a été chaotique.
Par Pauline Migevant et Maxime Sirvins