La Nupes, ennemi public de la macronie

À coups d’arguments caricaturaux, de diabolisation et de raccourcis, la majorité présidentielle Ensemble ! tente de décrédibiliser la coalition de la gauche et des écologistes.

C’est le parti du « Chávez gaulois », un parti « autoritaire qui ressemble à un clan » et qui victimise « les socialistes et les Verts ». Qui « fait prendre des vessies pour des lanternes » avec son programme qui « conduirait tout droit notre pays à la faillite ». Qui se soumet à « une vision communautariste et à l’islam politique ». La Nupes, ou l’ennemi public numéro 1, pour Bruno Le Maire comme pour l’ensemble de la majorité présidentielle.

Emmanuel Macron avait donné le ton le 10 mai, lors du lancement de la campagne des législatives pour son parti, renommé Renaissance. Devant les candidats investis par la maison commune Ensemble !, le président de la République rejetait l’idée d’un « troisième tour », tout en appelant ses troupes à se mobiliser contre l’« extrême gauche » et son projet « qui a choisi le communautarisme ». Une extrême gauche « unie sur une seule chose, la décroissance ». La retraite à 60 ans, le Smic à 1 500 euros, le blocage des prix sur les produits de première nécessité, la baisse des émissions de gaz à effet de serre de 65 % d’ici à 2030… Tout cela est balayé. Tout simplement irréaliste pour le chef de l’État.

Présenter le programme de la Nupes comme infaisable et trop coûteux, c’est le nouveau mot d’ordre de LREM. Une « imposture et une banqueroute » (Christophe Castaner), un « programme dangereux » (François Bayrou), une « faillite pour notre pays » (Stanislas Guerini), une « fable constitutionnelle » (Aurore Bergé). Les pontes de la majorité redoublent d’inventivité langagière. La Première ministre n’hésite pas à mettre sur un même plan le Rassemblement national et la Nupes, « deux blocs extrêmes [qui] font assaut de mots forts pour masquer des idées courtes ». Pour Élisabeth Borne, l’union de la gauche, ce « n’est pas le Front populaire, mais un front renversé qui prétend combattre le RN alors que certaines convergences sont troublantes ».

LREM s’inscrit dans une rhétorique droite-gauche somme toute classique.

Une course à la caricature qui dénote une certaine fébrilité chez les macronistes.

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