Non mais oh !

La police a remémoré à ces pu… à nos ami·es d’outre-Manche qu’en France on n’arrive pas en retard au match.

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Reconnaissons-le : dans le flux continu de l’info (1), il arrive parfois que nous éprouvions de la difficulté à bien identifier ce qui se passe sur les images qui nous arrivent en direct (ou en très léger différé) des points chauds du globe, comme, disons, Paris (Paris, France), Saint-Denis (Seine-Saint-Denis, France encore), ou Montargis (Loiret, France toujours). Et c’est un peu idiot, car il suffit, pour s’y retrouver, de prêter l’oreille aux explications de nos gouvernant·es.

Lorsque nous avons par exemple découvert, le 28 mai, les vidéos qui nous arrivaient du Stade de France (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis), et qui nous montraient un ahurissant déchaînement de violence policière contre les supporters britanniques venu·es assister à la finale de la Ligue des champions : nous avons d’abord (et un peu sottement) cru qu’elles nous montraient un ahurissant déchaînement de violence policière contre les supporters britanniques venu·es assister à la finale de la Ligue des champions.

Alors que point du tout : il s’agissait en réalité, comme nous l’a ensuite expliqué avec beaucoup de patience et de pédagogie le ministre de l’Intérieur de M. Macron – l’excellent M. Darmanin –, d’un cours en plein air d’éducation morale et civique, destiné à remémorer à ces pu… à nos ami·es d’outre-Manche qu’en France on n’arrive pas en retard au match, surtout si on est venu à deux cent mille avec cinq cent mille faux billets pauvrement ronéotypés sur une presse clandestine dans une cave pourrie du Royal Albert Dock – NON MAIS OH, TU T’ES CRU OÙ, NELSON ?

De la même manière, en découvrant ce dimanche (2) matin les images, tournées aux abords de la gare de l’Est (75010 Paris), de CRS aspergeant une foule de gaz lacrymogène : nous avons immédiatement imaginé, comme des gauchistes échevelé·es, qu’elles montraient des CRS aspergeant une foule de gaz lacrymogène.

Alors que non, derechef : en réalité, ces gardiens de la paix dispersaient les passagers et passagères qui prétendaient – les lâches canailles – emprunter les bus de remplacement mis en place après la panne de leur train, NON MAIS OH, TU NE VEUX PAS AUSSI UN PLATEAU-REPAS, TANT QUE TU Y ES ?

Mais il arrive aussi – et nous devons également nous interroger sur cette légèreté – que nous péchions par un excès de clémence. C’est ce qui s’est passé quand nous avons ri aux images, filmées ce 4 juin à Montargis, des deux enseignants qui, manifestement ulcérés par les insultes à répétition faites au corps professoral par l’ex-ministre de l’Éducation nationale de M. Macron, ont aspergé M. Blanquer, qui battait là sa campagne législative, de plusieurs millilitres de crème chantilly. Heureusement que, cette fois encore, nos gouvernant·es nous ont gracieusement remontré que nous étions dans l’erreur : les auteurs de cet abominable déni de « démocratie », placés en garde à vue, comparaîtront dès le mois prochain devant le tribunal de Montargis, où ils devront répondre de ces inacceptables « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail, délit pour lequel la peine encourue est de trois ans d’emprisonnement ». NON MAIS OH !

(1) Coco.

(2) 5 juin.


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