Dossier : Législatives : Le vote de l'espoir

Nupes : Les ambitions d’un programme d’union

Dans son programme commun, la Nupes assume d’initier les bouleversements écologiques et sociaux qu’appelle l’époque. Synthèse en six points.

Un refus, ostensible, de cacher de profondes ambitions de transformation. Dans leur programme commun, les partis coalisés de la Nupes assument d’initier les bouleversements écologiques et sociaux qu’appelle l’époque. Si la préservation de l’environnement est clairement exposée, d’autres lignes de force apparaissent en filigrane : endiguer la pauvreté, refondre un système de santé en perdition et placer, enfin, la lutte contre les inégalités scolaires au rang des priorités de l’Éducation nationale. Les atermoiements et la politique des petits pas des années PS appartiennent bien au passé.

L’écologie, une colonne vertébrale

Trois lignes conductrices se dégagent du projet de la Nupes : la règle verte afin de « ne pas prendre plus à la nature que ce qu’elle peut reconstituer », l’objectif d’une baisse de 65 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) à horizon 2030, et la référence à de « nouveaux indicateurs de progrès humain pour mettre l’économie au service des besoins et des critères de bien vivre ». Une multitude de propositions radicales, à la symbolique forte, sont plus ou moins détaillées : interdire les fermes-usines, stopper l’étalement urbain, refuser les OGM, créer un ministère de la Production alimentaire et 300 000 emplois agricoles, isoler thermiquement plus de 700 000 logements par an, protéger les forêts en interdisant la plupart des coupes rases et en améliorant les conditions de travail des forestiers, ou interdire la publicité des produits et services les plus émetteurs de GES.

La réalité climatique est prise en compte dans quasiment tous les chapitres du programme.

Une attention particulière est portée sur les outre-mer pour les transformer en « avant-postes de la planification écologique et des circuits courts », mais aussi garantir le droit à l’eau aux habitants. De plus, un plan d’urgence sera établi pour dépolluer les terres touchées par le chlordécone et prendre en charge les victimes de ce pesticide. La notion de justice sociale est présente partout, par exemple dans l’idée d’assurer gratuitement les premières quantités d’énergie « indispensables à une vie digne », ou dans les aides destinées aux ménages à faibles revenus pour acquérir des véhicules moins polluants ou électriques.

Un plan massif de 200 milliards d’euros sur cinq ans serait consacré aux emplois et à la réindustrialisation du pays via des filières cruciales pour la bifurcation écologique et sociale. La prise en compte de la réalité climatique se retrouve dans quasiment tous les chapitres du programme, démontrant effectivement qu’il s’agit d’un socle politique. Ainsi, l’ISF climatique pour « taxer les gros pollueurs, calculé selon l’empreinte carbone des actifs détenus », serait instauré, et la mise en œuvre de l’adaptation au changement climatique apparaîtrait dans la loi de programmation militaire. La Nupes pointe également les sujets où les désaccords restent tangibles comme la chasse ou la corrida pour le PS et le PCF. Le plus significatif concerne la transition énergétique, puisque le passage à 100 % d’énergies renouvelables, la sortie totale du nucléaire et l’abandon des EPR ne font pas l’unanimité, notamment auprès des communistes, tandis que les socialistes préféreraient optimiser la durée de vie des centrales nucléaires actuellement en service.

(Re)mettre l’art et la culture dans la vie quotidienne

En matière de politique culturelle, la Nupes revendique un programme « de rupture avec les dynamiques néolibérales actuelles dont le gouvernement d’Élisabeth Borne symbolise la continuité », résume Martin Mendiharat, qui a coécrit le livret « Culture » de l’Union populaire. Comme le proposaient plusieurs partis de gauche pour l’élection présidentielle, la Nupes prévoit de porter le budget consacré à l’art, à la culture et à la création à 1 % du PIB par an. « Cela représente une hausse de 1,4 milliard d’euros pour le ministère de la Culture, soit un tiers de son budget annuel. » Cet effort financier permettrait notamment de « restaurer un service public de la culture ambitieux » et de reprendre « les grands travaux culturels pour mettre un terme aux inégalités territoriales »

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