Dossier : Environnement : La rébellion des scientifiques

Science avec conscience… de ses émissions de CO2

Conférences à l’autre bout de la planète, achats de matériel, chauffage des bâtiments… Le collectif Labos 1point5 planche sur la réduction de l’empreinte carbone de la recherche.

Le déclic lui est venu à la lecture d’un article passant au crible les habitudes de vie de certains grands scientifiques américains. Il était question des panneaux solaires sur la maison du climatologue Michael E. Mann, du ranch et des voitures de James E. Hansen, autre grand climatologue. Tamara Ben Ari, chercheuse en agronomie et en science de l’environnement à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, -l’alimentation et l’environnement, prend peur. « J’ai réalisé que, si l’on ne se préoccupait pas de la question des émissions des scientifiques, cela pouvait nous revenir en boomerang et fragiliser nos résultats. Or nous avons besoin d’une science forte pour comprendre la situation écologique et sociale et nous donner les moyens d’agir. »

En 2016, une étude publiée dans la revue scientifique--Climatic Change montrait que la crédibilité des chercheurs diminuait lorsqu’ils présentaient une empreinte carbone élevée. Une perte de crédibilité qui influe sur la volonté des individus de transformer leurs habitudes de consommation d’énergie. « Dans quelques années, les citoyens à qui des efforts importants auront été demandés vont se retourner vers nous, affirme la chercheuse. Et nous interpeller : “Vous qui affirmez que la situation est grave, que faites-vous ? Qu’avez-vous changé dans vos pratiques professionnelles ? Vous continuez à voyager, à utiliser de l’énergie sans vous poser de questions.” C’est déjà le cas lorsque est dénoncée la prétendue hypocrisie des scientifiques. Et c’est ce piège que nous voulons éviter. »

Alors, en 2019, Tamara Ben Ari fonde, avec Olivier Berné, chercheur à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie, le collectif Labos 1point5. Celui-ci rassemble des membres du monde académique, de toutes disciplines et sur tout le territoire français, autour d’un objectif commun : mieux comprendre et réduire l’impact des activités de recherche scientifique sur l’environnement, en particulier sur le climat.

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