Au Chili, des vents contraires soufflent sur la nouvelle Constitution

Le 4 juillet, la Convention constitutionnelle a remis au président Gabriel Boric une Constitution écologique et sociale à laquelle s’opposent fortement les forces libérales et réactionnaires.

Ce lundi 4 juillet, sur les hauteurs de la colline Santa Lucía, au pied de la cordillère des Andes, à Santiago du Chili, les Constituants des peuples originaires se réunissent, aux sons des tambours mapuches. À l’aube, ils bénissent la nouvelle Constitution – Carta Magna – qu’ils remettront dans quelques heures au nouveau président, Gabriel Boric. Le froid saisissant de l’hiver austral n’a pas découragé leur détermination à rester mobilisés pour qu’elle soit approuvée.

Il y a un an très exactement, ils se réunissaient sur cette même colline pour inaugurer, à leur manière, le processus constitutionnel que la révolte sociale d’octobre 2019 avait fait naître. Paritaire, l’Assemblée constituante comptait 17 sièges réservés à des représentants des peuples autochtones. En douze mois, 154 citoyens, issus de partis politiques et de mouvements sociaux, ont relevé le défi de rédiger une nouvelle Loi fondamentale. Le Chili y est défini comme un État « plurinational, interculturel et écologique ». L’existence des peuples autochtones et de diverses nations est reconnue, et une certaine autonomie est accordée aux communautés autochtones. Une victoire notable alors que l’histoire du Chili avec ses peuples originaires est conflictuelle. Cette plurinationalité représente une avancée majeure, pour le pays et toute la région latino-américaine.

51 % des sondés ont déclaré qu’ils voteront « non » à la nouvelle Constitution.

Après la cérémonie atypique matinale, les Constituants se sont rendus à l’ancien Congrès national, où ils ont siégé durant ces douze derniers mois. À leur arrivée, les journalistes de la presse nationale et internationale, nombreux, ont recueilli leurs impressions avant qu’ils pénètrent dans le bâtiment et vivent leur dernière séance. Hernán Larraín, constituant des districts de La Reina, Las Condes et Vitacura_, les plus riches de Santiago, dénonce « _une Constitution non représentative » qui « a méprisé les emblèmes du Chili ». Ancien collaborateur du président milliardaire conservateur Sebastián Piñera, il dénonce « une Constitution qui ne reflète pas une grande partie de la population chilienne. » L’élection des 154 constituants en mai 2021 avait largement été gagnée par les partis de gauche et les indépendants, qui représentaient plus de deux tiers de l’Assemblée. La droite, minoritaire_,_ n’a réussi à faire adopter que quelques articles mineurs. Avant même que le texte ne soit définitif, elle menait campagne pour le « Non » à la nouvelle Constitution.

Décentralisation

Ce lundi 4 juillet, à 10 heures, l’actuelle présidente de la Convention constitutionnelle, María Elisa Quintero a inauguré la 110e et dernière séance, en sonnant la clochette dorée.

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