L’omniprésence des passés coloniaux

Les grandes puissances continuent d’essayer d’ajuster à leur avantage les frontières de leurs anciennes possessions.

Étienne Cassagne  • 10 juillet 2022 abonné·es
L’omniprésence des passés coloniaux
Carte de la Perse extraite de l’« Atlas nouveau contenant toutes les parties du monde » (1730), de Guillaume de L’Isle.
© Leemage via AFP

Palestine, Syrie, Irak, Mali, Tchétchénie, Yougoslavie, Rwanda, Arménie, Érythrée, Soudan, Sahara occidental, etc. Et maintenant l’Ukraine… Dans le sillage des guerres mondiales soldant les comptes des grands empires vacillants, voilà les peuples et les Nations émergentes rattrapés les uns après les autres par la guerre, toujours au nom de la frontière.

À l’été 2014, c’est sur un monticule de sable désertique qu’un pantin anonyme de l’organisation terroriste dite « État islamique » (EI), à cheval sur un territoire censé diviser la Syrie et l’Irak en vertu des accords Sykes-Picot (1916), liquidait symboliquement un monde dominé par la civilisation européenne. En plantant ici le drapeau de la Oumma, la communauté des croyants musulmans, Daech entendait débarrasser le « pays de Cham » du joug impie des croisés, et poser les jalons d’une vision salafiste de la revanche de l’histoire.

Pas celle des dominés sur les dominants – l’État islamique tentant d’imposer une dictature wahhabite sur les

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Monde
Temps de lecture : 9 minutes