Une autre planète est possible

Sébastien Fontenelle  • 29 août 2022
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Une autre planète est possible
© Circumpolaire au-dessus de la coupole du 1.93 m de l'observatoire de Haute-Provence, en 2017. (Photo : PATRICK LECUREUIL / NOVAPIX / LEEMAGE VIA AFP.)

Nous avons appris, le 25 août, que le télescope James-Webb avait détecté pour la première fois du CO2 dans l’atmosphère d’une exoplanète qui avait été découverte en 2011, et qui répond au nom (formidablement poétique) de WASP-39b.

Qu’est-ce qu’une exoplanète ? C’est, pour le dire un peu rapidement, une planète située hors de notre système solaire et sur laquelle la vie telle que nous la connaissons pourrait se développer (ou pas) – ou s’être, qui sait, déjà développée. (Ou pas.)

Celle-ci est une géante gazeuse, située à 700 années-lumière de Neung-sur-Beuvron (Loir-et-Cher). C’est-à-dire à 6,7 millions de milliards de kilomètres. Elle est donc un peu loin, et un peu inhospitalière pour qui se serait trop accoutumé·e à vivre dans un environnement où tu ne t’enfonces pas dans un nuage de méthane dès que tu sors de ta cuisine.

Mais les scientifiques versé·es dans l’exploration de l’espace profond se montrent « enthousiastes », nous explique Le Monde, car, pour ces spécialistes, la découverte de dioxyde de carbone dans l’atmosphère de WASP-39b « conforte l’idée que de telles observations puissent également être réalisées sur des planètes rocheuses – avec pour objectif de déterminer si l’une d’elles abrite des conditions favorables à la vie ». Un astrophysicien du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives juge ainsi, positivement ravi, que « c’est une porte qui s’ouvre pour des études futures de super-Terres, voire de Terres ».

Si on découvrait une exoplanète, je voudrais surtout que ça ne soit pas une Terre !

Sauf que moi, pardon, mais s’il y a une chose dont je suis absolument certain, c’est que, si on découvrait demain après-midi une exoplanète abritant une forme de vie, je voudrais surtout que ça ne soit pas une Terre – parce que si c’est pour retomber sur un système d’exploitation qui rend tout le truc inhabitable en bousillant méthodiquement son climat pendant qu’Olivier Véran t’explique que c’est bon pour l’emploi, merci bien, mais très peu pour moi.

D’ailleurs, qu’est-ce que c’est que cette manie de considérer que nous sommes ce qui se fait de mieux dans l’univers et que, s’il existe quelque part des endroits un peu swag, ce sont forcément « des Terres », voire, ultime panacée, « des super-Terres » ? Je préfère me dire que, si ça se trouve, à des millions de milliards de kilomètres de Neung-sur-Beuvron, des astrophysicien·nes sont en ce moment même en train de célébrer la découverte, pour la première fois, grâce au télescope Ddfsnojdacbahvalrogljmhcovug-Wfsoifygvv, d’une exoplanète abritant une forme de vie un (tout petit) peu évoluée, et tout à fait jolie avec ses nuages blancs sur fond bleu, mais dont les habitant·es mériteraient tout de même d’être un peu mieux accompagné·es : affrétons vite une expédition, chère Xjkterzerpovjbrzvnzj45690gnjrezgn, et courons enseigner à ces braves gens qu’une autre planète est possible et que nous ne souhaitons pas du tout les voir débarquer ici avec leurs misérables pulsions reaganistes et leurs pathétiques ministres de l’Intérieur.

Publié dans
De bonne humeur

Sébastien Fontenelle est un garçon plein d’entrain, adepte de la nuance et du compromis. Enfin ça, c’est les jours pairs.

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