Ukraine : la reconstruction d’un peuple
À Kyiv, à Irpine et à Boutcha, les populations se mobilisent pour effacer les traces de la guerre. Certains tiennent le coup en se nourrissant d’une haine grandissante envers l’envahisseur russe.

Kyiv, 10 octobre. Quelques heures après les attaques de missiles qui ont sonné la ville, les agents de la voirie s’affairent pour reboucher le cratère creusé par une frappe sur un carrefour du cœur de la ville, à proximité de l’université Taras-Chevtchenko et d’un parc apprécié par les habitants.
En moins de vingt-quatre heures, les ouvriers ont effacé ce trou. Il ne reste plus aucun débris. Des panneaux en contreplaqué remplacent les vitres des fenêtres soufflées sur tous les bâtiments situés dans un rayon de 100 mètres de l’épicentre de l’explosion. Les vitriers sont à l’œuvre et, si les stigmates de ces frappes restent gravés sur les murs des édifices, malgré le hurlement régulier des sirènes, la vie continue comme si tout cela n’avait pas existé.
Ces réparations immédiates, c’est un message que fait passer Vitali Klytchko, le maire de la ville, aux habitants et au monde. Les riverains s’en amusent. « Avant la guerre, il fallait un an pour que les trous dans la route soient comblés », plaisante Valentyna, qui a grandi à Kyiv.
Après la sidération, la combativitéSur le moment, la population a été secouée par cette piqûre de rappel du 24 février, jour de l’invasion. Mais, désormais, la sidération de l’époque a laissé place à la combativité. Pour se venger de cette attaque, en moins de vingt-quatre heures, les Ukrainiens se sont rués sur une cagnotte qui a rapporté 9,8 millions d’euros, bien davantage que les 2,8 millions demandés pour faire l’acquisition de drones suicides (programmés pour se crasher sur une cible).
Près du quartier de Pozniaky au sud-est de la ville, d’autres frappes ont ciblé une centrale d’énergie. De son logement, Sergei n’a pas entendu les sirènes, mais a sursauté lorsque le premier missile s’est abattu. Ce médecin anesthésiste de 37 ans travaille dans une grosse clinique privée de la capitale. Ce jour noir lui a immédiatement rappelé l’ambiance du 24 février, lors des premières heures de l’invasion.
Sergei n’est pas uniquement médecin, il est désormais engagé volontaire dans l’armée. Il doit rejoindre son unité de « medics » à Irpine, une ville de la banlieue nord-est de Kyiv appréciée de la classe moyenne. C’est à cet endroit, accolé à la commune de Boutcha, que se sont déroulés de violents combats. Ils ont détruit la moitié de la ville.
Avec des connaissances, on a
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