À la Roya, de l’accueil à la cueillette

En janvier sortira le livre de Cédric Herrou, Une terre commune, racontant une « utopie capable de résister », celle d’une communauté composée de réfugiés et de demandeurs d’asile installée dans une maison de Breil. Le photojournaliste Louis Witter est allé à sa rencontre.

Louis Witter  • 14 décembre 2022 abonné·es
À la Roya, de l’accueil à la cueillette
Mamadou est sénégalais, c’est le dernier arrivé dans la Communauté d’Emmaüs Roya. Comme la règle le veut, les compagnons et compagnes se forment les uns les autres. Ce jour-là, c’est Bakari qui est chargé de lui montrer les bons gestes.
© Louis Witter

Ici, c’est le « CCH », le « Camping Cédric Herrou ». Entre 2015 et 2017, l’agriculteur y a hébergé des centaines d’exilés, perdus entre l’Italie et la France. Petit à petit, les gardes à vue s’enchaînent et « les gendarmes établissent domicile un peu partout autour de la ferme » pour observer les allées et venues. Cédric s’en souvient : « Il nous suffisait de siffler un peu fort et, en trois secondes, les spots d’éclairage des gendarmes pointaient dans notre direction. »

En 2017, l’agriculteur est poursuivi pour « aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière ». Les procès s’enchaînent. Lors d’une audience à Nice en 2017, il dit aux juges : « Je le fais parce qu’il faut le faire. » Le paysan assume, le préfet enrage. Finalement, il est relaxé des charges qui pesaient contre lui à l’issue de trois procès et d’une saisine du Conseil

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Société
Temps de lecture : 3 minutes