7 mars : la France à l’arrêt, la réforme aussi ?

À quelques jours de la prochaine date de mobilisation, les organisations syndicales et politiques opposées à la réforme des retraites labourent le terrain avec un objectif annoncé : faire du 7 mars la plus grosse journée de mobilisation depuis le début du mouvement.

Pierre Jequier-Zalc  • 1 mars 2023 abonné·es
7 mars : la France à l’arrêt, la réforme aussi ?
Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 7 février 2023.
© Lily Chavance

« L’essentiel, c’est que la journée du 7 soit forte, très forte, massive. » Ces mots, prononcés par Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’Unsa, ont le mérite d’être clairs. Après trois semaines sans date de mobilisation interprofessionnelle, l’intersyndicale appelle à « mettre le pays à l’arrêt » le 7 mars. Une formulation qui sous-entend un durcissement du mouvement.

Car après cinq journées de manifestations ponctuelles en janvier et février, c’est sur la grève que les centrales syndicales veulent appuyer. « Nous souhaitons que tous les salariés s’arrêtent de travailler, que des commerces décident de baisser le rideau… Qu’on montre que sans les travailleurs et travailleuses de ce pays, le pays ne tourne pas », explique Marie Buisson, membre de la commission exécutive de la CGT. « L’intérêt, c’est aussi de peser sur l’économie pour que le patronat ne soit pas épargné par notre mouvement », abonde Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT.

Si l’objectif d’une grève massive est avancé, le contexte d’inflation et de baisse du pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure. « Penser à la fin de sa carrière, ça reste théorique quand on a la fin du mois à boucler avant », souffle Alexis Antonioli, secrétaire général de la CGT TotalEnergies en Normandie.

Nous souhaitons qu’on montre que sans les travailleurs et travailleuses de ce pays, le pays ne tourne pas.

C’est aussi avec ces données en tête que les organisations syndicales ont ménagé ces trois semaines de temps mort dans la mobilisation. Comme pour laisser aux salariés la possibilité de reprendre des forces avant de retourner au combat. Mais aussi pour leur permettre de préparer une journée que les centrales souhaitent « historique ».

Manifestation à Paris contre la réforme des retraites, le 11 février 2023. (Photo : Lily Chavance.)

« Les syndicats ne sont pas implantés dans l’ensemble des entreprises. On veut que les salariés de ces boîtes-là, souvent des PME, puissent nous rejoindre et faire grève le 7 mars. Il faut que notre travail en

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Travail
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