Loïc, militant placé en détention provisoire pour avoir manifesté à Sainte-Soline

Loïc Schneider a été arrêté le 20 juin dernier. Les autorités lui reprochent notamment d’avoir participé à la marche contre les mégabassines à Sainte-Soline. Placé en détention provisoire, il encourt jusque 7 ans de prison.

Pierre Jequier-Zalc  • 23 juin 2023
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Loïc, militant placé en détention provisoire pour avoir manifesté à Sainte-Soline
Manifestation contre les mégabassines à Sainte-Soline, le 25 mars 2023.
© THIBAUD MORITZ / AFP.

Dans le contexte répressif actuel, cette nouvelle est presque passée inaperçue. Au tribunal de Niort (Deux-Sèvres), ce jeudi 23 juin, deux militants étaient jugés en comparution immédiate, notamment pour avoir participé à la manifestation contre les mégabassines à Sainte-Soline, le 25 mars. Parmi eux, Loïc, militant écologiste, arrêté chez lui, dans la Meuse, deux jours plus tôt. Après sa garde à vue, trois faits principaux lui sont imputés et donc reprochés : « La participation à un groupement visant à commettre des violences », des dégradations légères (notamment un tag sur un camion de gendarmerie), et le « recel et vol aggravé » d’un gilet de la gendarmerie. Sur ce dernier délit, son avocate, Hannah Rajbenbach s’étonne : « On l’accuse d’avoir ramassé un gilet de gendarmerie et de l’avoir pris dans ses mains ». Et pourtant, pour ces faits, il risque jusqu’à 7 ans d’emprisonnement. Son avocate assure que ce gilet n’a pas été récupéré par les policiers lors de la perquisition du domicile du militant.

Il a des boulots, un domicile, il s’est toujours rendu à ses audiences.

Après avoir décidé de garder le silence durant sa garde-à-vue, Loïc est déféré au tribunal de Niort où il passe en comparution immédiate ce jeudi. Une méthode qu’il refuse, demandant à être jugé au cours d’un procès « normal ». Un droit qui présente un risque : celui d’être placé en détention provisoire en attendant l’audience. Et c’est ce qui a été décidé par le tribunal niortais. D’ici à son procès qui aura lieu le 27 juillet, Loïc sera retenu en détention provisoire. Une décision qui interpelle. Car si ce « militant total », comme le qualifie Reporterre qui lui consacre un portrait, a déjà été condamné plusieurs fois pour des actions en lien avec son militantisme, il n’a jamais cherché à esquiver les procédures judiciaires. « Cette décision est très surprenante dans le sens où son profil apporte de nombreuses garanties. Il a des boulots, un domicile, il s’est toujours rendu à ses audiences. Ce n’est pas quelqu’un dont on a peur qu’il fuie », s’insurge Hannah Rajbenbach.

Une décision jugée politique

Le tribunal, lui, a retenu une des réquisitions du parquet qui craignait que Loïc récidive. « C’est un placement en détention provisoire pour éviter ce qu’on appelle un renouvellement des faits », poursuit son avocate. Une décision qu’elle juge injuste et politique. Selon elle, le contexte actuel autour des mouvements écologistes, avec la dissolution des Soulèvements de la Terre, a pleinement joué. « Jusqu’à présent, personne n’avait été placé en détention provisoire dans le mouvement contre les mégabassines. Au vu de l’actualité, on sent clairement la volonté de faire peur », affirme-t-elle en annonçant vouloir contester cette décision. Dès jeudi prochain, une demande de mise en liberté sera déposée. Loïc a également fait appel de cette décision. La cour d’appel de Poitiers doit se prononcer dans les 20 jours.

Sur le même sujet : Une quinzaine de militants écolos arrêtés partout en France

Selon son avocate, Loïc souhaite envoyer un message d’espoir malgré cette décision. « Il reste très déterminé dans ses luttes, Ce n’est pas les méthodes de répression des mouvements sociaux qui l’arrêteront. » Un son de cloche partagé par ses amis qui, dans un communiqué sur cette affaire, concluent : « Comme le disait notre ami Loïc, « il y a des gens déterminés qui n’ont plus peur, qui se soulèvent et qui seront inarrêtables » ».  

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