« Vers un avenir radieux » : le cinéma fait homme
Nanni Moretti renoue avec l’esprit de ses premiers films avec bonheur.
dans l’hebdo N° 1764 Acheter ce numéro

© 2023 Sacher Film - Fandango - Le Pacte - France 3 Cinema.
Le cinéma figure dans (presque) tous les films de Nanni Moretti. On se souvient par exemple du Docteur Jivago diffusé par un poste de télévision à côté de la piscine de Palombella Rossa (1989). Parfois, même, l’un des protagonistes est cinéaste. Comme Margherita (Margherita Buy) dans Mia Madre (2015), Michele dans Sogni d’Oro (1981) ou Giovanni dans Vers un avenir radieux, que Moretti interprète tous deux.
Après le sombre Tre Piani (2021), et quelques autres films à la tonalité grave, Nanni Moretti renoue avec l’esprit de ses premiers films et le personnage qu’il y incarnait : Giovanni (dont Nanni est le diminutif) est un cinéaste et un mari atrabilaire, amoureux des chansons de variété, en butte aux travers de son époque. Il s’apprête à tourner son nouveau film dont l’action se déroule en 1956 à Rome dans une cellule du Parti communiste italien (PCI), alors que les troupes soviétiques envahissent la Hongrie soulevée.
Rapprocher Sogni d’Oro, le troisième film du réalisateur, et Vers un avenir radieux, son quinzième, amène à constater, d’une part, que les clins d’œil du second au premier sont nombreux (jusqu’au plaid multicolore que Giovanni pose sur lui quand il regarde un film, semblable à celui de Michele) ; et surtout que les cibles de Nanni Moretti n’ont pas changé. À ceci près qu’elles portent un autre nom. Il y a quarante ans, c’était la vulgarité de la télévision (avant même l’essor de celle de Berlusconi) ; aujourd’hui, c’est Netflix et sa logique de plateforme et de contenus, objet d’une séquence hilarante, où l’on retrouve l’intransigeance de Moretti sur les mots employés. Autre cible : la violence gratuite au cinéma, qui donne lieu à une nouvelle séquence très drôle, Giovanni interrompant pendant des heures le tournage d’une scène de meurtre d’un autre film que le
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