« Un gaspillage d’argent public »

Guillaume Gourgues, maître de conférences en science politique à l’université Lumière-Lyon-II, met en lumière la reprise en main de l’exécutif sur les outils de participation citoyenne par le recours aux contrats.

Lucas Sarafian  • 30 août 2023 abonné·es
« Un gaspillage d’argent public »
« Une pensée dominante s’est développée au sommet de l’État. Elle consiste à dire que la démocratie participative est un outil pour gouverner : on recourt à un marché pour construire une participation citoyenne sur mesure. »
© Emmanuelle Pays / Hans Lucas / AFP

Pourquoi les cabinets de conseil se positionnent-ils sur le marché de la démocratie participative ?

Parce qu’il est devenu lucratif. Eurogroup Consulting ou Roland Berger ne viennent pas du tout du milieu de la participation citoyenne, mais ces cabinets ont l’habitude d’avoir de gros contrats avec l’État. Ils se sont progressivement positionnés sur ces marchés parce que les volumes budgétaires ont commencé à être très importants. Avant la fin des années 2010, les appels d’offres concernant des prestations de démocratie participative étaient essentiellement lancés par les collectivités territoriales, avec des enveloppes plutôt faibles en comparaison. Les marchés atteignant un million d’euros étaient alors assez exceptionnels. Dans le même temps, les cabinets spécialisés en matière de démocratie participative, donc plus petits, n’ont pas l’habitude de candidater sur des marchés parfois colossaux. Ils se sont donc fait supplanter par ces cabinets de conseil.

Le marché permet d’avoir la main sur la participation citoyenne.

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