François Gèze, l’anti-sectaire
L’ancien directeur des éditions La Découverte, qui vient de disparaître, a marqué la gauche intellectuelle et militante par la force de son engagement anticolonial et en faveur des droits humains, ainsi que par son exigence et la qualité des auteurs qu’il publiait.
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© Olivier Dion
Il suffit de lire les hommages innombrables qui ont suivi l’annonce de sa disparition, le 28 août, pour mesurer la place particulière que François Gèze occupait dans de très larges cercles d’une gauche intellectuelle et militante. Un même mot revient : « Tristesse ». Un sentiment que nous partageons à Politis, notamment ceux qui ont bénéficié de la bienveillance et de la vigilance de l’éditeur. François Gèze, qui vient subitement de s’éteindre à 75 ans, était unanimement apprécié pour la fermeté de ses convictions, la cohérence de ses engagements et une forme d’omniprésence discrète qui en faisait une personnalité singulière. Influent, il se tenait pourtant à l’écart des débats publics. Il fréquentait peu les réseaux sociaux. Ses interventions n’en avaient que plus de densité.
Son regard portait toujours au-delà des frontières, réelles ou symboliques.
Ce fils d’officier aimait la rigueur et une certaine sobriété qui ne laissait pas toujours apparaître la passion qui l’animait pourtant intensément face aux injustices du monde. Connu surtout du public pour avoir été le directeur de La Découverte, de 1982 à 2014, dans la fidélité aux orientations des éditions Maspero, il avait été un militant de l’anticolonialisme et des droits humains avant de devenir éditeur. Il l’était devenu « tout à fait par hasard », aimait-il à répéter. Un hasard qui devait quand même beaucoup à la confiance que lui avait accordée François Maspero, auprès de qui il travaillait pour une mission qu’il
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