Marwan Mohammed : « L’idéologie méritocratique permet de nier les inégalités » 

Le sociologue, auteur de C’était pas gagné !, un ouvrage autobiographique dans lequel il revient sur son parcours, rappelle la nécessité de sortir de « l’héroïsation individuelle » dans la manière dont les médias produisent des « transfuges de classe ».

Kamélia Ouaïssa  • 10 mars 2026 abonné·es
Marwan Mohammed : « L’idéologie méritocratique permet de nier les inégalités » 
Le 3 mars 2026, à l'Union de la jeunesse internationale à Paris.
© Maxime Sirvins

Marwan Mohammed est docteur en sociologie, chargé de recherche au CNRS. Né à Paris de parents immigrés marocains, il a grandi à la cité des Hautes-Noues de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Il échoue au brevet des collèges et au BEP, passe le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur, poussé par les animateurs de son quartier, puis reprend des études après l’obtention d’une équivalence au baccalauréat.

Dans votre livre, vous racontez un parcours qui pourrait, à première vue, être lu comme une trajectoire individuelle exceptionnelle, une success-story : celle d’un décrocheur scolaire devenu chercheur au CNRS. Or, à vous lire, on comprend que vous refusez totalement cette lecture individualiste. Avez-vous eu peur que votre histoire soit simplifiée, voire récupérée ?

Marwan Mohammed : Oui, clairement. Nous avions d’ailleurs eu des échanges avec l’éditeur pour le sous-titre De l’échec scolaire au CNRS, histoire d’une remontada. Les premières propositions penchaient plus vers une forme d’individualisation du parcours. Et c’est vrai que j’appréhende

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment
Essai 25 mars 2026 abonné·es

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment

Le sociologue Alexis Spire interroge la défiance croissante des gouvernés vis-à-vis de l’État et des politiques de protection sociale, soumises aux attaques des politiques néolibérales.
Par Olivier Doubre
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »
Entretien 16 mars 2026 abonné·es

Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »

Après huit ans à la tête d’une équipe municipale qui a transformé Barcelone (2015-2023), l’ex-maire revient sur son héritage politique et appelle les gauches espagnole et française à construire des alliances larges pour stopper l’extrême droite et proposer un projet politique de justice sociale et de paix.
Par Pablo Castaño
« La commune est l’endroit par excellence de l’exercice du pouvoir démocratique »
Idées 11 mars 2026 abonné·es

« La commune est l’endroit par excellence de l’exercice du pouvoir démocratique »

Développé par des théoriciens proches de l’anarchisme, le communalisme est une forme d’organisation politique où les citoyens exercent directement le pouvoir à l’échelle des communes. Killian Martin revient sur les origines du concept repris par La France insoumise.
Par Alix Garcia