« Il faut revenir » : dans les filets de Beyrouth

Dans son premier roman, Hala Moughanie dessine, à travers le passionnant portrait d’une jeune femme de retour dans son Liban natal, les violences et les beautés ainsi que les contradictions de ce pays.

Anaïs Heluin  • 6 décembre 2023 abonné·es
« Il faut revenir » : dans les filets de Beyrouth
© Maxime Guy / Unsplash

« Beyrouth est la ville éphémère. » Bruxelles, au contraire, est « rassurante car prévisible ». C’est une « ville sans temporalité, comme toutes les villes européennes, où toutes les routes sont droites depuis des siècles ». Les deux capitales ainsi décrites par la Libanaise Hala Moughanie dans Il faut revenir, son premier roman publié aux éditions Project’îles – elle n’avait jusque-là écrit que du théâtre –, sont les deux pôles entre lesquels oscille Lila. Comme bien des protagonistes d’œuvres réalisées par des artistes originaires de pays que ses habitants quittent en nombre, l’héroïne de ce livre grandit entre deux cultures. Et, arrivée à l’âge adulte, elle ressent le besoin d’un retour au pays natal.

La romancière parvient à creuser ce motif littéraire récurrent du retour, fréquent dans les littératures postcoloniales, et à en faire le fondement d’une plongée très riche, à l’écart de tout cliché, dans l’histoire du Liban des années 1990 jusqu’au début des années 2020. Sa réussite tient beaucoup à la grande précision qu’elle déploie dans

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Littérature
Temps de lecture : 2 minutes