Écoles privées : ce séparatisme subventionné

Politis  • 16 janvier 2024
Partager :
Écoles privées : ce séparatisme subventionné
© Taylor Flowe / Unsplash.

Pour une entrée en matière, Amélie Oudéa-Castera ne pouvait faire pire. En se justifiant mensongèrement d’avoir scolarisé ses trois garçons à Stanislas, une institution catholique qui forme des centaines d’élèves issus des milieux les plus favorisés à « réussir et servir », la nouvelle ministre de l’Éducation n’a pas seulement dénigré les enseignants du service public dont elle a la charge. Elle a suscité une polémique qui n’est pas près de s’éteindre, car ses propos ont mis à jour l’incroyable préférence de nos dirigeants – d’aujourd’hui et d’hier – pour l’enseignement privé et son séparatisme social. Au détriment de l’enseignement public, et des publics qui n’ont pas les moyens d’acquitter la facture que représente une scolarisation dans le privé.

Sur le même sujet : Amélie Oudéa-Castéra, enfin une ministre au franc-parler !

L’ampleur de la ségrégation sociale entre le public et le privé sous contrat, financé à 73 % par l’État, n’a cessé de s’accroître s’émouvait en juin la Cour des comptes. À Paris, le rectorat accorde aux lycées privés plus d’heures d’enseignement rapportées au nombre d’élèves qu’à leurs homologues du public, révélait Le Monde l’an dernier. Depuis 2016, la région capitale présidée par Valérie Pécresse octroie d’importantes subventions extralégales aux lycées privés.

Quand ces écoles ne respectent pas leurs obligations de mixité sociale de tels financements sont indus. Ils scandalisent quand, à Stanislas, une vision rigoriste des mœurs, portée par un catholicisme suranné, y dispense des enseignements qui condamnent l’homosexualité, l’avortement et le rapprochement entre les filles et les garçons.

Recevez Politis chez vous chaque semaine !
Abonnez-vous
Nuisances
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don