« Il faut défataliser l’histoire de l’empire colonial »
Dans une somme coordonnée avec plus de deux cent cinquante chercheuses et chercheurs, l’historien Pierre Singaravélou retrace l’histoire « des » colonisations françaises. En soulignant comment le passé colonial de notre pays l’a façonné et continue à influencer notre manière de penser et de représenter le monde.
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© Maxime Sirvins
Historien né en 1977, Pierre Singaravélou est spécialiste des empires coloniaux et de la mondialisation. D’origine indienne (son père est né à Pondichéry, comptoir français du sud-est de l’Inde décolonisé en 1954), il a écrit ou coordonné de nombreux ouvrages, certains aux côtés du professeur au Collège de France Patrick Boucheron.
Si votre livre traite essentiellement de la colonisation française, pourquoi employer un pluriel dès son titre : Colonisations ?
Pierre Singaravélou : Parce que la colonisation française n’a pas été un processus continu et unifié. Elle a revêtu au contraire une grande diversité de formes administratives et politiques entre le XVIe et le XXe siècle, sur les cinq continents : les comptoirs commerciaux et les compagnies à charte, ces entreprises privées de l’époque moderne auxquelles la Couronne sous-traitait l’expansion ultramarine, font place ensuite aux « colonies », dépendant directement du ministère parisien des Colonies, ou encore à des protectorats, où sont maintenus les pouvoirs autochtones (roi du Cambodge ou sultan du Maroc).
L’Algérie constitue un cas particulier : le territoire est assimilé à la France à travers la création de trois départements (Alger, Oran, Constantine) tandis que les populations locales – à l’exception
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