La révolte sans révolution des émeutes banlieusardes
Le politiste Alessio Motta revient sur quarante ans d’émeutes urbaines en analysant le processus qui les voit s’étendre sur une grande part du territoire, la plupart après des violences policières.
dans l’hebdo N° 1798 Acheter ce numéro

© Bertrand GUAY / AFP
Comment débute une « émeute » ? Comment s’étend-elle sur les territoires ? Doit-on parler de « révolte » ? Qu’est-ce qu’une « bavure » ? Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles s’emploie à répondre le politiste Alessio Motta (université Paris-I), collaborateur de Politis, dans ce petit essai, rigoureux et innovant, de sociologie (cartographiée), analysant les causes et le processus qui voient des protestations populaires, parfois violentes, souvent inorganisées au départ, essaimer de cités en cités. Ce fut le cas en 2005 et en 2023, après la mort du jeune Nahel à Nanterre, le matin du 27 juin.
Au-delà des questions sémantiques entre les termes « émeute » et « révolte », l’auteur rappelle que le mot « bavure » peut être employé (ou dénigré) tout autant par les défenseurs que par les critiques de l’institution policière. Son emploi peut présumer de la culpabilité d’un policier ou présenter les faits « comme un simple dérapage » : il peut ainsi minimiser le caractère
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