« Le roman est un fil tendu entre la poésie et la philosophie »

Dans Eve Melville, cantique, ­Justine Bo fait le portrait d’une femme qui se bat pour sauver la maison dans laquelle habitait son arrière-grand-père, esclave. Un chant qui réveille les stigmates de l’histoire des États-Unis.

Lucas Sarafian  • 6 février 2024 abonné·es
« Le roman est un fil tendu entre la poésie et la philosophie »
"Ce qui rassemble mes personnages, c’est qu’ils refusent de se définir. Pour eux, l’identité est une notion figée qui ne renvoie à rien."
© Alexandre LE MOUROUX

Et si l’histoire des États-Unis était une histoire de l’oppression ? Dans Eve Melville, cantique, Justine Bo fait le portrait de l’arrière-petite-fille de Solomon Melville, un homme né esclave dans l’État de Géorgie. Un matin, la maison voisine de celle qui appartenait à son arrière-grand-père a été repeinte en noir. Des promoteurs veulent la racheter. Eve Melville ne s’y résout pas. Pour elle, il faut se battre contre ce monde qui veut modifier le paysage dans lequel elle a vécu. Contre le capitalisme qui a remplacé l’oppression esclavagiste.

Le septième roman de Justine Bo ressemble à un chant. L’autrice livre une œuvre politique portée par une voix sensible

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Littérature
Temps de lecture : 8 minutes