« Les Écolos, c’est comme les pirates dans Astérix qui se sabordent eux-mêmes » 

À la peine dans les sondages pour les élections européennes, avec une campagne qui patine, le parti écologiste se déchire sur fond d’affaire Julien Bayou. La secrétaire nationale, Marine Tondelier, tente d’éteindre le démon de la division.

Nils Wilcke  • 12 avril 2024 abonné·es
« Les Écolos, c’est comme les pirates dans Astérix qui se sabordent eux-mêmes » 
Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti écologiste, à Bourges, le 20 février 2024.
© GUILLAUME SOUVANT / AFP

Marine Tondelier est en colère et le fait savoir dans un mail, envoyé jeudi 11 mars au soir à l'ensemble du conseil fédéral, le parlement des Écologistes (ex EELV), que Politis a pu consulter. « Faisons attention à ce que nous écrivons et veillons à conserver la bienveillance indispensable à notre cohésion », réclame l'actuelle secrétaire nationale du parti.

En cause : une tribune incendiaire sous forme de pétition, envoyée la veille par Dominique Voynet à l'instance, pour défendre Julien Bayou et dont Politis a pris connaissance. L'ex-patronne des Verts et ministre de l'Environnement fustige, dans un message incendiaire, la démission de Julien Bayou. Le député de Paris a quitté le parti de lui-même le 2 avril, juste avant un audit indépendant mené par un cabinet d'avocats, après la plainte pour violences psychologiques déposée par son ex-compagne, la militante féministe Anaïs Leleux.

De nouvelles révélations qui ne font pas les affaires de Marine Tondelier, ulcérée par les fuites sur les dissensions des Écologistes qui finissent dans la presse : « Je mesure la difficulté de la séquence que nous traversons pour la campagne et le mouvement », poursuit la secrétaire nationale de la formation. À quelques semaines des élections européennes, les écolos renouent avec le démon de la division, à la mesure des sondages alarmants pour leur tête de liste, Marie Toussaint. L'eurodéputée recueillerait à peine 6 à 8,5 % des voix, selon les dernières études d'opinion.

"Reprenons-nous, bon sang !"

Une déception par rapport aux 13,5 % réalisés en 2019 par Yannick Jadot, qui avait créé la surprise. Les caciques du parti tentent de faire

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« Le macronisme se dissoudra dans la bonne vieille alternance gauche-droite »
La Midinale 26 mars 2026

« Le macronisme se dissoudra dans la bonne vieille alternance gauche-droite »

Pour décrypter les résultats des municipales 2026 et se projeter dans la présidentielle 2027, John-Christopher Rolland, maître de conférences à l’université de Nanterre, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite
Reportage 25 mars 2026 abonné·es

Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite

À Limoges, la victoire a, pour la troisième fois d’affilée, échappé à la gauche lors du scrutin municipal. Une déception d’autant plus forte qu’insoumis, socialistes, écologistes et communistes s’étaient décidés à partir main dans la main pour ce second tour.
Par Alix Garcia
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Municipales : le grand flou à gauche
Analyse 24 mars 2026 abonné·es

Municipales : le grand flou à gauche

Socialistes, Écologistes, insoumis et communistes ont souvent perdu, parfois gagné des villes. Et un an avant la présidentielle, la guerre des gauches reprend de plus belle.
Par Lucas Sarafian