On réagit! : naissance d’une coalition contre les dérives liberticides

Depuis 2019 et la crise des gilets jaunes, la France est pointée du doigt par plusieurs organismes internationaux pour sa gestion répressive des libertés. Des universitaires, syndicats et ONG souhaitent mener une coalition pour créer un rempart aux dérives liberticides.

Tristan Dereuddre  • 3 avril 2024 abonné·es
On réagit! : naissance d’une coalition contre les dérives liberticides
La 12CI à Paris, lors de la manifestation du jeudi 23 mars 2023.
© Maxime Sirvins

Sommes-nous toujours en démocratie ? Cette question, il y a encore quelques années, pouvait paraître incongrue. Pourtant, de nombreux éléments propres au mode de fonctionnement actuel de notre appareil politique donnent aujourd’hui une résonance particulière à cette interrogation : restrictions de liberté de manifester, recours répétés et décomplexés au 49.3 – 23 utilisations entre mai 2022 et janvier 2024 –, dissolutions et menaces de ministres à l’égard de certaines associations, rappels à l’ordre de plusieurs organisations internationales : la liste des atteintes aux libertés publiques s’allonge au fil du temps et inquiète les observateurs.

Le 26 mars dernier, la Défenseure des droits alertait sur une augmentation de 10 % des réclamations sur l’année 2023. « On observe une sorte de banalisation des atteintes aux droits. Cette fragilisation n’est pas nouvelle, mais elle s’inscrit dans une tendance de fond avec une forme d’accélération », déclarait Claire Hédon à l’AFP. En réaction, une coalition composée d’universitaires, de syndicats et d’ONG – parmi lesquels la CGT, la FSU, Solidaires ou encore Attac – se lance ce jeudi 4 avril (1),« contre le racisme systémique et pour les libertés publiques ». Baptisée On réagit !, cette initiative vise à se pérenniser pour devenir le collectif de référence en matière de lutte pour la démocratie.

L’origine de ce mouvement vient d’une prise de conscience, selon l’économiste Pierre Khalfa, l’un des architectes de cette initiative : « Nous sommes partis du constat suivant : la question des atteintes aux libertés publiques est largement sous-estimée dans le débat public. C’est un mouvement long, dont la spécificité est qu’il n’y a jamais eu

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