À la maison, à l’école, en ligne ou dans la rue : les violences LGBTIphobes sont partout

Deux rapports, l’un de SOS Homophobie, l’autre de l’Observatoire LGBTI+ de la Fondation Jean Jaurès révèlent, en cette Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, l’insécurité dans laquelle vivent les personnes LGBT et ce, dès leur plus jeune âge.

Hugo Boursier  • 17 mai 2024 abonné·es
À la maison, à l’école, en ligne ou dans la rue : les violences LGBTIphobes sont partout
À san Francisco, en 2019.
© Palash Jain / Unsplash

« Mon père avec qui je me suis disputé est venu dans ma chambre et m’a frappé une vingtaine de fois avec sa ceinture. Il ne supporte pas que je sois gay et m’a viré de mon foyer. Étant à la rue, j’ai déposé plainte. » Ce témoignage est écrit par un enfant de moins de 15 ans. Il fait partie des 177 signalements que l’application FLAG!, du nom de l’association de sensibilisation à l’égalité des personnes LGBT+, a reçus depuis sa création en 2020.

Dans son dernier rapport sur le manque criant de protection des mineurs LGBTI+, l’Observatoire LGBTI+ de la Fondation Jean Jaurès a voulu montrer la manière dont les violences LGBTIphobes s’exercent dans chaque espace de socialisation. Sur la base des signalements reçus par FLAG!, Flora Bolter, codirectrice de cet Observatoire, constate que les discriminations s’exercent dans le cercle familial, à l’école, en ligne ou dans la rue. « Ne pas dire cette réalité, c’est faire la sourde oreille aux appels à l’aide des enfants de tous âges qui témoignent de ce qui leur arrive et cherchent désespérément une écoute et une aide de celles et ceux qui sont censés participer à leur protection », explique-t-elle, en ce 17 mai de Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie.

Le cadre scolaire est le cadre le plus insécurisant

Dans une étude spécifiquement axée sur les victimes mineures de violences LGBTIphobes, Flora Bolter pointe notamment le rôle de l’école. Elle rappelle que selon l’enquête menée par l’Ifop pour la Fondation Jasmin Roy, en 2019, « 28 % des personnes LGBT interrogées confient avoir été victimes de discrimination au moins une fois au cours des sur vie de la part d’élèves ou d’étudiants dans un établissement scolaire ». Des discriminations qui viennent aussi d’adultes : « 19 % ont vécu des mêmes discriminations de la part d’enseignants au cours de leurs parcours scolaire », faisant du cadre scolaire « de loin le plus insécurisant ».

La codirectrice rappelle également que plus de 60 % des enfants LGBT et 82 % des enfants trans ou intersexes ont une « expérience scolaire négative du fait de leur orientation sexuelle, des leur identité de genre ou de leurs caractéristiques sexuelles », d’après l’enquête « Santé des élèves LGBTI » menée par Johanna Dagorn et Arnaud Alessandrin, en 2018.

Dans les signalements reçus par FLAG!, que la Fondation Jean Jaurès a examinés, l’école est le lieu qui représente près d’un tiers des violences subies. Il constitue ainsi un véritable « espace de victimisation », dans lequel les auteurs des faits peuvent être « des élèves, des camarades de classe, des enseignants un autre personnel scolaire ». Ainsi en est-il de cette fille de moins de 15 ans qui écrit, en 2023,

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Société
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