Israël-Palestine : la guerre des mots
Apartheid, génocide, crime de guerre… Autant de termes piégés qui contribuent aux divisions au sein de la gauche. D’où la nécessité de s’entendre sur leur définition.
dans l’hebdo N° 1808 Acheter ce numéro

© Patrick Perkins / Unsplash
À Gaza, l’armée israélienne est-elle coupable de génocide ? Un apartheid est-il à l’œuvre en Cisjordanie ? Le conflit israélo-palestinien est-il de nature coloniale ? Ces questions, les Palestiniens ne se les posent pas. Ils y ont répondu depuis longtemps. Mais, en France, elles divisent la gauche. La France insoumise répond par l’affirmative. Les Verts, eux, sont partagés. C’est beaucoup plus compliqué au Parti socialiste, au tropisme historique pro-israélien. L’un des hommes en pointe dans ce débat, le député socialiste de l’Essonne Jérôme Guedj, nous dit ses craintes : « Je n’aime pas les concepts importés. » Ces mots qui viennent d’une autre histoire. Il enfonce le clou : « Si on dit qu’Israël est un pays colonial qui commet un génocide et pratique l’apartheid, on le délégitime. » La grande angoisse existentielle !
Et pourtant, la réalité est têtue. L’apartheid se définit bien comme « un système de domination d’un groupe racial sur un autre », et par la commission d’« actes inhumains tels que transferts forcés de population ». Nous y sommes, et depuis longtemps. La question est plus complexe en ce qui concerne le génocide. La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, en 1948, a introduit la notion d’intentionnalité. Il faut démontrer que les auteurs des actes en question ont eu « l’intention de détruire physiquement un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Là encore, à Gaza, nous n’en sommes pas loin : famine organisée, privation d’eau potable, destruction systématique d’écoles et d’hôpitaux. Ajoutons les déclarations de ministres comparant les Palestiniens à des animaux.
Pourtant, les instances internationales hésitent. Le 26 janvier, la Cour internationale de justice (CIJ) a
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