« Les Kanaks ne renonceront jamais à l’indépendance »

Le gouvernement porte la responsabilité des violences en Nouvelle-Calédonie, accuse Dominique Fochi, secrétaire générale de l’Union calédonienne, principal parti indépendantiste du pays.

Patrick Piro  • 21 mai 2024 abonné·es
« Les Kanaks ne renonceront jamais à l’indépendance »
Manifestation à Nouméa contre la réforme électorale, le 13 avril.
© Delphine Mayeur / Hans Lucas / AFP

Le 2 mai dernier, une délégation de quatre cadres indépendantistes (Dominique Fochi, David Wanabo et Romuald Pidjot, de l’Union calédonienne, et Rock Haocas, du Parti travailliste) s’est rendue à Paris pour tenter, en vain, de dissuader les députés de voter la loi qui modifie le corps électoral en Nouvelle-Calédonie, réduisant encore la proportion de la population kanak en son sein. L'un d'entre eux, Dominique Fochi, revient sur la crise en cours.

La modification du corps électoral en Nouvelle-Calédonie est-elle un signe de mépris ? De méconnaissance de la situation ? De passage en force ?

Dominique Fochi : C’est un peu tout à la fois. Nous avons voulu alerter les députés du risque d’un passage en force au sujet de l’ouverture du corps électoral. Mais nous tirons la sonnette d’alarme depuis des mois ! La pratique du gouvernement rompt avec la méthode qui a permis à la Nouvelle-Calédonie de vivre en paix ces trente-cinq dernières années, à la suite des accords de Matignon en 1988 puis de Nouméa en 1998, c’est-à-dire le respect du consensus entre les parties et de l’impartialité de l’État.

Il y a toujours une relation conflictuelle entre les représentants de la France et les Kanaks, peuple originel.

Le gouvernement, en déposant ce projet de loi sans consensus local ni accord des partis, a causé la rupture de cet équilibre. De fait, la dérive remonte au 12 décembre 2021 : c’est la date du troisième référendum d’autodétermination auquel les indépendantistes ont refusé de participer, parce qu’on était en période de covid. Le gouvernement a pourtant refusé de reporter la consultation.

La paix s’en trouve-t-elle compromise ?

En fait, elle a toujours été fragile en Nouvelle-Calédonie, et la question du corps électoral a été un sujet clivant en permanence. Depuis la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, en 1853, et jusqu’à l’accord de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Au procès en appel du FN-RN, le parquet dénonce « un discrédit de l’action judiciaire »
Justice 4 février 2026 abonné·es

Au procès en appel du FN-RN, le parquet dénonce « un discrédit de l’action judiciaire »

Au terme de plusieurs heures de réquisitions, le parquet général a demandé à la cour d’appel de confirmer l’essentiel des condamnations prononcées en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du parti lepéniste. Les magistrats ont également longuement dénoncé une stratégie politique visant à dénigrer l’institution judiciaire.
Par Maxime Sirvins
« Le RN est une entreprise débile, au sens étymologique du terme »
La Midinale 3 février 2026

« Le RN est une entreprise débile, au sens étymologique du terme »

Bernard Pudal, professeur émérite de science politique à l’université Paris-Nanterre, co-auteur avec Patrick Lehingue de Du FN au RN. Les raisons d’un succès (PUF), est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
« Je dis à Jean-Luc Mélenchon : viens dans la primaire ! »
La Midinale 3 février 2026

« Je dis à Jean-Luc Mélenchon : viens dans la primaire ! »

Trump, Kurdistan, Iran, proposition de loi sur la réquisition des bâtiments vacants, primaire de la gauche : Danielle Simmonet, députée de Paris, membre de L’Après, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
« Sans l’action publique, un tiers des Parisiens ne pourraient plus vivre dans la capitale »
La Midinale 2 février 2026

« Sans l’action publique, un tiers des Parisiens ne pourraient plus vivre dans la capitale »

La capitale peut-elle être une ville populaire ? Paris appartient-elle aux milliardaires ? Quel positionnement par rapport au projet de Sophia Chikirou ? Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche et des écologistes à la mairie de Paris, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien