« Les Enfants de Médée » : le meurtre à hauteur d’enfant
En donnant la parole aux enfants de Médée, et en mêlant la tragédie d’Euripide à une affaire criminelle contemporaine, Milo Rau pose de riches questions au théâtre. Sans être tout à fait à la hauteur de ses ambitions.
dans l’hebdo N° 1811 Acheter ce numéro

Depuis son entrée en terre antique en 2019, Milo Rau fait régulièrement de la tragédie grecque le terrain des opérations de son concept du « réalisme global ». Autrement dit, dans Oreste à Mossoul, dans Antigone in the Amazon (2023) comme aujourd’hui dans Les Enfants de Médée qui vient clore ce triptyque, le metteur en scène suisse fait du matériau ancien l’une des bases d’un théâtre dont « le but n’est pas la représentation du réel, mais de rendre la représentation elle-même réelle (1) ». On ne s’étonne donc guère que la dernière pièce, créée en avril au NTGent, dont il a été l’inventif et engagé directeur de 2018 à 2023 et dont il reste artiste associé, commence par la fin.
En venant s’asseoir sur six chaises alignées devant le rideau de scène, accompagnés par leur superviseur Peter Seynaeve – en alternance avec Lien Wildemeersch –, également présent pendant tout le processus de création, les six interprètes âgés de 8 à 14 ans font théâtre de ce qui en principe marque le retour au réel après un spectacle : le bord de plateau.
Entre mythe et réalitéCe procédé de retournement du Médée d’Euripide n’est guère fait pour donner à croire au spectateur à la fin d’un spectacle qui n’a pas commencé. On a beau connaître l’audace de Milo Rau, son acharnement à toujours questionner les limites de son art, il confère à celui-ci une
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
« Rien de plus qu’un peu de moelle » : rire et résister avec Rabelais
Pasolini, la conspiration du pétrole
Au Kosovo, le théâtre lutte et relie